… pour les parents.
1. Mes mains sont petites; ne vous attendez donc pas à la perfection quand je fais mon lit, quand je dessine ou que j’envoie un ballon. Mes jambes sont courtes; ralentissez pour que je puisse vous suivre.
2. Mes yeux n’ont pas vu le monde comme vous; laissez-moi l’explorer en toute sécurité, mais sans interdit inutile.
3. Il y aura toujours des choses à faire à la maison, mais moi je ne suis jeune que pour quelques années. Prenez le temps de m’expliquer les choses, avec patience et bonne volonté. Ce monde semble si merveilleux!
vendredi 24 juillet 2015
jeudi 23 juillet 2015
:: Quelques petites phrases valent mieux qu'un long discours... ::
"L'enfant n'est pas un vase à remplir mais un feu à allumer"
RABELAIS
« On peut ignorer quelque chose. L’important, c’est de savoir chercher. »
Samuel Johnson
« Un enfant qu’on approuve apprend à s’accepter ».
Dorothy Nolte
« J’entends et j’oublie, je vois et je me souviens, j’agis et je comprends ».
Proverbe chinois
"On ne peut donner que deux choses à ses enfants : des racines et des ailes."
Proverbe juif
"Les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain."
Maria Montessori
"La contribution la plus positive à la paix sociale réside dans l'éducation de l'enfant"
Maria Montessori
"Le sage cherche toujours à voir avec les yeux de l’enfant."
"L’homme meurt une première fois à l’âge où il perd l’enthousiasme."
Honoré DE BALZAC
"Mon souci n'est pas de savoir si je suis grand ou petit, mais de vérifier que je grandis chaque jour."
Eduardo CHILLIDA
"La jeunesse a cela de beau qu’elle peut admirer sans comprendre."
Anatole FRANCE
"La plus importante, la plus utile règle de toute l’éducation ce n’est pas de gagner du temps, c’est d’en perdre".
Jean-Jacques ROUSSEAU
"Celui qui va lentement arrivera rapidement."
MILAREPA
"Dans tous les âges, l’exemple a un pouvoir étonnant ; dans l’enfance, l’exemple peut tout."
FENELON
"Il faut tout un village pour élever un enfant"
Proverbe africain
"On ne peut rien enseigner à un homme, on ne peut que l’aider à retrouver ce qu’il a déjà en lui."
GALILEE
"Les gens qui veulent toujours enseigner, empêchent beaucoup d’apprendre”.
Charles de MONTESQUIEU
"Aujourd’hui, je n’ai rien fait. Mais beaucoup de choses se sont faites en moi."
Léonard DE VINCI
"L'arbre est tout entier dans la graine".
Gandhi
"Nous sommes des nains juchés sur des épaules de géants".
Bernard de Chartres
"Tout être qui a vécu l'aventure humaine est moi."
Marguerite Yourcenar
"Chacun a ses propres instants de bonheur : il s’agit simplement d’en multiplier la conscience et les occasions."
Albert MEMMI
« Tout changement implique le changement de soi car si l’être humain ne change pas lui-même, il ne pourra changer durablement le monde dont il est le responsable. »
Pierre RABHI
"Vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre."
Gandhi
"Nous devrons réapprendre à nous rencontrer et à nous saluer les uns les autres, à communiquer et à coopérer."
Rob HOPKINS
"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons tous mourir ensemble comme des idiots."
Martin LUTHER KING
"Ne dites pas que les temps sont mauvais, nous sommes les temps".
Saint Augustin
"Ne jugez pas votre journée à l’aune de ce que vous avez récolté mais de ce que vous avez semé."
"Il y a bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant qu’on ne les a pas tentées".
André GIDE
"Lorsqu'on rêve tout seul, ce n'est qu'un rêve alors que lorsqu'on rêve à plusieurs c'est déjà une réalité."
Elder CAMARA
"Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde."
GANDHI
"Créer le monde que nous voulons est un mode d’action bien plus subtil mais plus puissant que détruire celui dont nous ne voulons plus."
Marianne WILLIAMSON
"Si vous avez construit vos châteaux dans les nuages, votre œuvre n’est pas perdue, car c’est là qu’ils doivent être. Installez-les maintenant sur des fondations."
Henry David THOREAU
"Ce n'est pas seulement l'endroit où l'on va qui donne un sens à la vie, mais aussi la façon dont on s'y rend."
Marc LEVY
"Il n'y a qu'une chose qui puisse rendre un rêve impossible : c'est la peur d'échouer."
Paulo COELHO
"Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le bonheur de tous les hommes, c'est celui de chacun."
Boris VIAN
"Un arbre qui s'abat fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse".
Gandhi
"L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir."
Bernard WERBER
Vos enfants ne sont pas vos enfants
Une femme qui portait un enfant dans les bras dit : « parlez-nous des enfants. » Et il dit : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même. Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes, car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier. Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés. L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie, car de même qu’il aime la flèche qui vole, il aime l’arc qui est stable. »
(extrait du livre « Le Prophète » de Khalil Gibran)
mercredi 22 juillet 2015
:: La doula et la césarienne ::
Quand le korrigan est né, j'avais une doula à mes côtés. Elle m'a choyé, aidé à me laver, m'a aidé à m'occuper de mon bébé, me l'a passé et aidé à le mettre au sein, m'a massé. Et même si le korrigan est mon deuxième enfant, sa présence n'avait pas de prix. D'ailleurs j'ai su que désormais mes propres accompagnements, ma pratique, changeraient car j'avais eu une doula à mes côtés pour cette grossesse et cet accouchement. Paradoxal quand on pense que j'accompagnais déjà des femmes enceintes depuis environ quatre années.
Depuis le korrigan, j'ai accompagné de nombreuses femmes dont certaines qui m'ont demandé d'être leur doula pour leur césarienne alors que moi je n'avais accouché que par voie basse. Je n'ai pu que m'imaginer des besoins de ces femmes alors qui allaient mettre au monde leur bébé par voie haute. A ce moment là, quand il fallait y aller, je ne me posais pas de question: je prenais mon sac de doula et je partais pour être aux côtés de ces femmes, ces couples qui allaient rencontrer leur bébé. Mais ça c'était avant et du coup je me demande si j'étais bien positionnée, si j'étais une bonne doula ou pas.
J'ai eu ma césarienne. Et comme nous l'avions souhaité, nous avions une doula à nos côtés. Initialement, elle aurait dû être à nos côtés pour une naissance déclenchée par voie basse en soutien émotionnel au père et pour moi aussi un peu quand même. Sauf que la catastrophe s'est abattue sur nos têtes et que là, heureusement qu'il y a eu notre doula à nos côtés.
Là, où elle aurait pu se dire qu'elle n'avait plus sa place et que l'urgence médicale avait pris le dessus sur la physiologie, elle est resté dans la salle d'attente pendant des heures pour avoir des nouvelles.
Quand le viking s'est retrouvé en peau à peau avec le farfadet en salle de naissance pendant qu'on me recousait, notre sage-femme est venu la chercher et elle a guidé le viking dans ses premiers pas de papa, elle les a bombardé de photos et de vidéos. Et en faisant ça, elle a créé quelque chose qui n'a pas de prix pour moi: elle m'a créé des souvenirs que je n'ai pas pu vivre moi-même car j'étais sous anesthésie générale. Avec le sage-femme, elle est devenue gardienne de ma mémoire pour deux heures. Deux heures, ce n'est rien dans une vie, et pourtant ces deux heures là correspondent aux deux premières heures de mon fils. Ces moments, ces cris, ces regards que je n'aurais pas vus, pas entendus.
Elle était là à travers le téléphone quand j'étais en salle de réveil et qu'on m'a apporté le téléphone du viking pour me montrer des photos du farfadet. Elle était là en m'envoyant des messages et des photos en me disant à quel point il était beau et à quel point le viking assurait dans sa nouvelle tâche de père et que le lien se faisait entre eux.
Elle était là pour le farfadet quand le papa a du prendre l'air et elle l'a relayé avec ses bras bienveillants et aimants et je lui suis reconnaissante d'avoir ouvert ses bras à mon fils quand j'en était pas capable. Elle était là pour me le mettre dans les bras avec son père quand j'ai enfin pu faire connaissance avec lui. Elle était là quand elle a amené le troll et le korrigan faire connaissance avec leur petit frère et elle m'a amené un petit panneau avec les premières photos du farfadet, pour moi des pièces manquantes du puzzle de cette naissance traumatique.
Elle était là pour prendre de mes nouvelles quand j'étais à la maternité.
Elle était là pour qu'à mon retour on puisse reparler de notre vécu à tous: le viking, le farfadet et moi avons tous les trois vécu cette naissance d'une manière si violemment opposé et en reparler avec elle nous a permis de faire le lien. Elle a écouté et réécouté cette histoire qu'elle avait déjà entendu par bribes avec patience et bienveillance et a su accueillir en pudeur les larmes quand elles s'invitaient discrètement dans la conversation. Et vue que c'est une doula parfaite, elle est venue avec des repas tout faits pour que nous n'ayons pas à nous préoccuper de ça. Et là je me dis, heureusement qu'elle était là. Pour lui. Et pour lui. Et pour moi. Pour nous.
Je ne sais si moi j'aurais été à la hauteur si j'avais vécu cette situation. Et si aujourd'hui ma pratique changera encore dans mes accompagnements, notamment de césarienne, ça sera grâce à elle. Merci S.
lundi 20 juillet 2015
:: 20 trucs qu'on ne m'avait pas dit sur la césarienne ::
Je suis doula depuis un peu plus de 6 ans maintenant. Au fil de ma pratique, des mamans ont fait appel à moi pour que je les accompagne durant leur césarienne, programmée à chaque fois, et récidivistes pour certaines. A aucun moment je ne me suis posée la question de la justesse de mon accompagnement par rapport au fait que je n'avais pas eu de césarienne.
Puis il y a un peu moins de deux semaines, je l'ai eu ma césarienne. Comme je le décrivais ici, de manière urgente, de manière violente, de manière mammouthesque.
Et à mon réveil, j'ai découvert qu'il y avait un monde secret, un monde caché de la césarienne que tu ne soupçonnes pas tant que tu ne l'as pas vécu toi-même. Comme un secret non-dit, comme un tabou, que aucune de mes formations ne m'avait appris. Tant de choses que j'aurais aimé savoir, ne serait-ce que pour pouvoir les transmettre à mon tour. Ce jour est venu, j'ai appris ces choses de la manière dure et il est temps pour moi de lever le voile sur ces non-dits de la césarienne. Ces anecdotes s'appliquent pour mon cas, une césarienne d'urgence sous anesthésie générale, peut-être que tu t'y retrouvera, peut-être que tu as vécu le contraire et dans ce cas je serais curieuse de connaître ton ressenti et expérience et mettre à jour cet article. La césarienne est un tel ovni dans le paysage obstétrical pour les mères...
- Ca fait mal! Sans déconner. Oui, tout le monde sait qu'il s'agit d'une intervention chirurgicale pendant laquelle on t'ouvres la peau du bide et que oui, potentiellement, ça fait mal. Sauf que là tu dérouilles ta mère en slip et que les morphiniques qu'on te file dans la perf' c'est pas du luxe!
- Quand tu as eu une anesthésie générale et que tu te réveilles dans le coaltar, ne soit pas étonnée d'avoir des douleurs et des courbatures à la mâchoire, à la gorge et et aux épaules. C'est dû à l'intubation et au fait d'avoir mis ton corps rapidement dans une situation imprévue pour gérer l'urgence (tête basculée en arrière, trachée écrasée à la main par l'anesthésiste pour faciliter l'intubation et préserver cordes vocales et trachée)
- Ne sois pas étonnée si après une anesthésie générale (AG pour les intimes) tu n'arrives plus à crier, voir hausser la voix et que tu as perdu en débit de paroles. Tout va plus au ralenti soudainement.
- Pareil à un accouchement par voie basse, on va t'appuyer fortement sur l'abdomen pendant plusieurs jours. En effet, même si ton gentil obstétricien t'as retiré un bébé et un placenta et autres joyeusetés comme caillots de sang et compagnie, l'utérus continuera à saign(ot)er et tu auras droit à de belles lochies comme pour une voie basse, même si moins intenses en quantité. De même que tu auras le droit d'avoir une jolie rééducation du périnée car tout comme la nana qui a accouché par voie basse, tu l'as porté pendant neuf mois ton bébé et il t'a bien appuyé sur le kiki. He oui, pas de traitement de faveur ma belle!
- Ton régime alimentaire va prendre de toutes nouvelles tournures inattendues: bouillon de légumes, biscottes, potage, compote,... et ce tant que tu n'auras pas fait des jolis prout. En effet, la césarienne, pour une raison obscure pour l'instant a mes yeux stoppe tout transit intestinal. Du coup, il te paraîtra étrange que chaque soignant que tu croises te demande si tu as fait popo. Ça peut aussi mener à des concours étrange avec ta voisine de chambre à celle qui fera le prout le plus sonore.
- D'ailleurs, de tes vents intestinaux dépendra aussi le retrait de ta perf' et de la réintroduction d'une alimentation normale comme des produits laitiers, du pain, etc...
- Puis, il se peut aussi que tu doives investir dans des masques à gaz, car texture et odeur seront altérées pour un moment.
- Tu n'auras pas de pansement sur ta cicatrice, qui elle ne sera pas si grande que ça, pour ma part une quinzaine de centimètres. Ca pourra te paraître étrange d'avoir la cicatrice à l'air avec tes agrafes ou fils résorbables, mais cela accélérera la cicatrisation.Tu peux même te mettre des jolies compresses imbibées de lait maternel qui est antiseptique, antifongique et stérile et parfaitement adapté à ton corps.
- Tu seras dans le déni: au début tu auras du mal à regarder ta cicatrice, encore plus la toucher, à l'imaginer. Il faudra du temps, beaucoup de temps et je n'en suis pas encore là.
- Au début, chaque changement de position te paraîtra impossible, douloureux et tu béniras les lits médicalisés qui font le boulot à ta place: s'asseoir, s'allonger, mettre les pieds par terre, etc.
- Selon l'incision que ton obstétricien t'as faite, tu sera ou pas capable d'accoucher par voie basse pour une grossesse suivante, car selon l'endroit, ton utérus sera plus ou moins fragilisé.
- Plus jamais de ta vie de femme gravide (enceinte pour le commun des mortels), tu ne seras déclenchée (youpi) car ton utérus est cicatriciel et cela serait trop violent pour lui. Ce qui signifie que soit tu te mettras en travail naturellement et tu auras un superbe AVAC (accouchement par voie vaginale après césarienne) sans trop de médicalisation, soit une nouvelle césarienne
- Il te seras beaucoup plus difficile de trouver une sage-femme qui accepte de te suivre pour un projet d'AVAC à domicile (surtout si tu es en surpoids, qu'il s'agit d'un quatrième enfant et que tu as tendance à faire des bébés de 4 kilos)
- Tu auras la chtouille. Merci la morphine. Ça soulage les douleurs à merveille et comme l'Ibupr*fène, tant que tu n'as que du colostrum, tu peux en demander pour te soulager. Par contre il y a le revers de la médaille: tout te gratte! L'intérieur des mains, les fesses, les mollets, la peau du crâne. J'ai tout inspecté, je n'ai ni poux, ni galle, ni allergie, ni infections ou autre. Ce sont juste les effets secondaires de la morphine. Et bonne nouvelle: plus tu as eu de morphine, plus ça te gratte!
- D'ailleurs en (re)parlant de fesses (après les prouts), à force d'être allongée tu peux choper des escarres et/ou une jolie allergie au plastique du matelas. Youpi! Ajoutez un joli slip filet taille unique plus adapté au fessier de Gisèle Bündchen qu'au popotin de la Gwarc'h et te voilà recyclé en pub Justin Brid*u.
- Tu peux t'assoir sur toute notion de pudeur: Sachant que ta cicatrice doit rester à l'air et que tu seras fagotté d'un superbe slip filet imitation résille qui montre plus qu'il ne cache avec une énorme garniture qui déborde à l'intérieur, un nichon toujours à l'air entrain de faire téter ton héritier, il y a de fortes chances que aussi bien la sage-femme qui passe te faire les soins que la personne qui t'apporte le repas ou Tata Ginette qui passe assouvir sa curiosité et te claquer une bise qui pique, te voit dans cet attirail.
- Tu pourras ne plus te sentir maîtresse de ton corps: ça commencera aux premiers levers, ou tu seras accompagnée par un/e soignante/e, que ce soit pour ton premier pipi (une fois désondée) ou ta première douche. Le contact de la main de ton amoureux sur ton corps pourras te paraître bizarre et réparateur en même temps. Vue que ton corps aura été ouvert, il se peut qu'il lui faille du temps pour retrouver ses limites corporelles et c'est là où le toucher affectif et aimant de ton/ta partenaire aura son importance pour t'aider à te redéfinir.
- Tu pourras allaiter dès qu'on te présenteras ton bébé, en effet le produit anesthésiant n'étant pas contre-indiqué, même si tu auras besoin d'aide, même si tu ne pourras pas allaiter dans toutes les positions.
- Et pour terminer: ce n'est pas parce que tu n'as pas démoulé ton bébé par le vagin et que tu ne l'as pas vu, le temps de te remettre de ton anesthésie, que tu ne tomberas pas éperdument, viscéralement amoureux de ce petit être qui t'auras manqué le temps de te réveiller, mais à qui tu auras manqué aussi et qui seras heureux de se blottir contre toi!
- Tu ne seras plus jamais la même femme. Il y a la femme avant la césarienne avec un bébé dans le ventre et la femme après la césarienne avec un bébé et une cicatrice sur le ventre et toutes ces émotions qui la chamboulent et qui la traversent. Tout le reste n'est que secondaire. Et avec tout le reste, ça veut dire les commentaires de tout les gens bien intentionnés qui n'ont jamais été césarisés.
jeudi 16 juillet 2015
:: Le jour où la vie a jailli de mon ventre (partie 1) ::
Initialement je voulais appeler cet article "Le jour où je me suis pris un mammouth sur la tête", mais je pense que j'aurais pu récupérer quelques tordus en recherche par mots clés sur Gougoule. J'ai donc choisi un titre plus soft, et tout aussi parlant, voir plus poétique.
Mon bébé, mon amour. Voici donc le récit de ta naissance. Cette naissance si intense, si violente qui m'aura marqué et transformé à jamais. Dès que nous avions su que tu t'étais niché au creux de mon ventre,ton papa, le plus courageux des vikings, et moi savions que nous souhaitions t'accueillir le plus respectueusement possible dans notre foyer. Nous avions trouvé la plus douce et drôle des bonnes fées sage-femmes AAD pour se pencher sur ton berceau ta naissance. Nous avions tout préparé. Ta date de naissance était prévu au 2 juillet, même si secrètement j'espérais que tu naîtrais le jour de mon anniversaire, tout comme nous avions su que tu étais dans mon ventre le jour de l'anniversaire de ton papa. Mais les jours passent, et mes tentatives pour te donner un coup de pouce naturel pour naître s'enchainent. J'ai tout essayé: piscine, longues ballades, acupuncture, magnétisme, sophro-kinésiologie, ménage, câlins avec ton papa. Les tentatives s'intensifient ton terme passé et en effet, samedi 5 juillet, un liquide clair commence à couler. De douces contractions se mettent en route et s'intensifient au fil de la soirée. Mon amie doula, V. qui était venue me rendre visite, sourit au fur et à mesure des contractions et m'incite plus fermement à appeler ma sage-femme. Celle ci vient d'assister à une journée de formation avec Dieu Michel Odent et est pleine d’ocytocine et de nouvelles connaissances. Elle demande si son associée qui n'a jamais assisté à un AAD peut venir aussi et j'accepte.
Quand elle arrive, les contractions sont toutes les 3 minutes et je dois bien souffler pour les gérer. Le viking prépare le dîner, V. s'occupe du coucher du Troll et du Korrigan et leur explique ce qui se passe. On déplit le canapé, on construit mon nid où je souhaite te mettre au monde, j'allume tes bougies du blessing-way. Mon corps travaillera toute la nuit. On envoie ton père épuisé se coucher et ma sage-femme somnolera à côté de moi me massant les reins quand une contraction arrive. Vers 6 heures du matin, elle me fait couler un bain. Les garçons se réveillent et D., la deuxième bonne fée s'occupe de leur petit déjeuner et les installe devant un dessin animé. Les contractions s'intensifient, je suis vautrée sur mon ballon de grossesse et je vocalise à chaque contraction. Du liquide coule à nouveau, je crois que j'ai franchement rompu. On y croit, je suis dedans. Mon bébé va naître à la maison, je suis heureuse. Puis à 11 heures, plus rien, nada, walou, gar nichts. Plus une contraction. Tout s'arrête. Je suis dilatée à 5 cm et plus rien ne bouge. Mes sage-femmes ne comprennent pas et décident de virer tout le monde de la maison, elles incluse, afin de me laisser seule dans ma bulle pour relancer le travail et avec pour ordre de les appeler quand ca recommence. Sauf que ça ne recommencera jamais. Je passerais le dimanche à somnoler, à pleurer.
Ma grand-mère arrive pour nous épauler à la maison. Je dois me rendre à l'évidence, il va falloir retourner faire des contrôles à la maternité. Le lundi, je refait une séance de sophro-kinésiologie et d'acupuncture, mais mon corps ne réagit pas. La maternité m'a prévenue, je serais déclenchée mardi car je serais à 41 SA+5. C'est à ce moment que prend fin notre rêve de l'AAD.
Demain, je vous raconterais comment nous sommes passés d'un projet AAD à une naissance médicalisée à l'extrême
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