lundi 29 août 2011

De l'art du massage...

Mon fils aîné est un garçon éveillé et actif. C'est vrai que le soir, je suis presque plus fatiguée que lui. Ce n'est que très tard que nous en sommes venu au massage pour bébé qui nous a permis de nous relaxer tout les deux au lieu de s'énerver et finir la journée dans les pleurs et les cris et depuis j'applique ces gestes aussi intimes que respectueux avec Bébé Tortue.

Pourtant, dans ma famille, j'ai vu ma mère masser mon frère handicapé afin de lui redonner toutes les sensations et les limites de son corps malmené par la nature, de lui apporter le toucher qui stimulera ses sens, la chaleur et la douceur nécessaire pour le faire grandir.

Dans mon ex-belle-famille marocaine, mes belles-tantes et cousines, ainsi que toutes les mamans d'enfants en bas-âge au hammam prennent le temps après le savonnage de masser leurs enfant avec de l'huile d'olive, pour détendre, adoucir la peau et inspecter le corps de leurs enfants.

Toucher, caresser, bisouiller, souffler, humer la peau. Ces gestes presque bestiaux m'ont permis à moi de lâcher ma tension, de détendre mon enfant et de passer un moment privilégié avec lui. Au fur et à mesure de nos séances, après un contrat visuel pour voir si tous les deux sommes prêts à échanger ce moment, mon fils a appris a apprécier ces gestes, il est devenu demander, arrive à me guider en se tournant vers les parties du corps qu'il souhaite que je lui masse. Mais il sait aussi me faire comprendre quand il en a marre, quand une caresse, un toucher lui est désagréable. Parfois aussi, il vient me chercher en se frottant les mains, le geste que je fais quand j'enduis mes mains d'huile d'olive ou d'argan avant de le masser. Il est devenu demander et a pris une autre conscience, une autre dimension de son corps d'enfant.

J'avoue qu'au départ, je n'ai pas éprouvé le besoin d'en savoir plus, laissant mon instinct et ses réactions guider mes mains sur son corps nu, faisant juste attention d'être dans une chambre chauffée, au calme. Puis heureux hasard, en triant mes vieux magazines, je tombe sur le numéro de Novembre/Décembre 08 de "Grandir Autrement", dont le dossier spécial est consacré au massage bébé. Je m'y replonge à coeur joie, m'incitant à chercher plus. Je découvre l'aspect thérapeutique aussi du massage, autre que la stimulation externe. Pour être plus parlante, un exemple très récent: Bébé Tortue est constipé, très agité, je vois bien qu'il n'est pas bien et qu'il souffre. Je tente donc le massage du ventre en demi-lune et cercles appuyés, ayant comme indiqué mis une couche propre en dessous de lui, car ce massage s'avère très efficace. Je le masse, il se calme, mais rien ne se passe. Bon, j'ai du mal masser, ou ça ne marche pas sur mon fils. Que nenni, j'étais juste trop impatiente pour attendre un peu que le trajet se fasse de l'intestin jusqu'à la sortie. Le lendemain matin, cataclysme, mon fils s'était bien vidé, tartiné du haut en bas, mais tellement soulagé. Et malgré le fait d'être dans la merde dès le matin, je me suis retrouvée contente d'avoir appris de soigner mon fils aussi par mes mains . Et maintenant ni lui ni moi ne pouvons nous passer de ce moment d'intimité après son bain. surtout après une journée de séparation. On se retrouve grâce à ce geste ancestral.



Pour en savoir plus:

- Grandir Autrement Numéro 14 Novembre/Décembre 2008
Très bon petit livre clair et précis qui donne des indications sur comment faire et aussi un court historique du massage enfant. Je le conseille vivement, surtout pour les débutantes. Masser bébé : Le toucher du coeur
- Un autre coup de coeur:
Comment masser mon bébé ? : Petits massages apaisants pour grandir en bonne santé
- Belles photos et pratique, ce livre paru chez Eyrolles: Masser Bébé
-
 Un très beau livre avec pleins de photos sur le massage Shantala traditionnel indien, une source d'inspiration et une invitation au voyage aussi: Shantala : Un art traditionnel, le massage des enfants

dimanche 28 août 2011

Intimes Naissances


  • C'est l'histoire de plusieurs mamans qui ont décidé un jour de donner une naissance humaine à leur enfant à naître en choissisant d'accoucher à domicile. Ces mamans qui ont décidé de mettre leur vécu en mots qu'elles pourront faire partager à d'autres mamans décidant de faire confiance à la nature. Merci dame Angèle d'y avoir apportée ta pierre avec la naissance de Loan dans l'Ô et de me l'avoir fait partager.
  • C'est l'histoire de plusieurs professionnel(le)s qui ont accepté et encouragé cet acte physiologique barbarisé en acte médical par notre société et de lui accorder son statut initial primitif.
  • C'est l'histoire d'une Mama Lala dont les larmes ont coulé comme une évidence à la lecture de ce livre-témoignage si poignant, décidé à vouloir accomplir cette étape de la vie chez elle pour le prochain petit être qui s'installera dans son ventre.
  • C'est aussi l'histoire d'une Mama Lala émue quand sa mère-cocotte lui propose de l'accompagner durant ce cheminement. Cette mère parfois si étrangère, mais au final si proche de ses convictions qui l'aidera à surpasser le traumatisme d'une première naissance volée. Merci maman de ce cadeau spécial.

Pour en savoir plus:

Quatrième de couverture
Les filles des femmes qui ont conquis dans les années soixante la liberté de concevoir ou pas un enfant veulent aujourd'hui être
libres aussi de choisir où et comment elles le mettront au monde...

Ce livre vous invite à partager le cheminement et les choix différents de parents et de professionnels pour vivre, en toute sécurité, une naissance à la maison :

• 15 témoignages émouvants et intimes de parents,
• 12 articles de fond, signés par des sages-femmes, obstétriciens, sociologue, doulas abordent l’accompagnement personnalisé, le processus physiologique de l’accouchement, le vécu de a douleur,
la relation de confiance entre parents et professionnels...,
• un chapitre entier est réservé aux aspects pratiques, pour préparer, en toute sécurité, un accouchement à domicile.


La lecture d’Intimes naissances est une source d’inspiration pour imaginer et vivre un accouchement à la maison, plus naturel et respectueux de la physiologie.

Pour en lire un extrait, cliquez ici!

Intimes naissances, choisir d'accoucher à la maison


ISBN : 978-2-84221-185-1
448 pages imprimées sur papier recyclé
photographies N&B
Coordonné par Juliette Collonge & Cécile Collonge
Préface : Catherine Dumonteil-Kremer
23 euros
Sortie : 7 mai 2008
Le blog du livre: Intimes Naissances


samedi 27 août 2011

Sous la tente rouge...


Cela fait un moment que je souhaitais vous parler de la tradition des Ebawels, ou alors plus connues dans le milieu des Doulas, des "Tentes Rouges". A la base, un ebawel (j’aime la sonorité de ce mot) est un mot tamatchek (langue touareg) désignant un concept fondateur des cultures du désert. L'ebawel existe par opposition à l'essuf. L'essuf désigne la notion de désert, d'insécurité, d'inconnu, de danger. Alors, l’ebawel représente l'intérieur, le connu, la sécurité, la mère, la maison, la tête, la lignée, le creux où se niche l'animal, la cavité où brûle le feu, l'utérus, la femme. Avant les sécheresses et famines qui ont causé la ruine des populations touarègues, lorsqu'une jeune femme se mariait sa mère lui donnait son ebawel, c'est à dire une partie de sa propre tente pour que sa fille ne manque jamais de rien, qu'elle puisse être indépendante. Les biens d'ebawel, transmis de mère en fille, étaient sacrés : les hommes n'avaient aucun droit sur eux, mis à part de les faire fructifier si possible et ils étaient intouchables lors des razzias.

Oui, mais pourquoi tente rouge ?

La tente rouge est une référence à différentes traditions anciennes de regroupements des femmes en un lieu qui leur est dédié comme l’ebawel, pour célébrer les grands événements de la vie sexuelle d’une femme, puberté, grossesse, naissances, ménopause etc.

Aujourd’hui, Les "Red Tents", littéralement les "Tentes Rouges" en France sont un lieu de discussion privilégié aux femmes où elles peuvent se livrer en toute sécurité, toute confiance et sans jugement, sûre qu’elles seront écoutées et raconter leurs histoires de naissance dans une ambiance plutôt intimiste.

Voici une vidéo réalisée suite aux Tentes Rouges qui ont eu lieu lors des 6èmes Journées des Doulas à Paris fin mai 2008






Alors comment ca se passe ?

Une vraie tente rouge est dressée dans un lieu qui s’y prête of course, et habillé de manière cosy, feutrée afin de nous rappeler l’utérus de nos mères. Une « facilitatrice » (décidément, ce mot là je ne l’aime vraiment pas) vous y reçoit autour de douceurs et boissons chaudes pour nous permettre de nous sentir à l’aise et en confiance. La facilitatrice nous invite (ou pas) à tirer une lame du jeu "Féminitude" (par exemple, mais chaque facilitatrice a ses trucs et jeux) pour lancer les confidences.

Libre à chaque femme de parler ou pas, de se partager, se confier ou se taire, chacune étant responsable de ses paroles, mais aussi des paroles des autres, celles-ci lui étant confiées comme un trésor précieux. Chaque parole prononcée restera à l’intérieur de la tente rouge, il est interdit de rapporter à toute tierce personne ce qui a été dit dans la tente rouge sans l’accord de la personne qui s’est confiée. Ceci est scellé symboliquement par un ruban que les participantes à la tente rouge se nouent autour du poignet.

Je suis assez ennuyée, car cet exposé fait très scolaire, alors qu’une tente rouge, c’est entrer dans une autre dimension, un autre espace-temps régie par nos entrailles de femmes, qu’elles qu’on soit : vierge, mère, ancienne, chrétienne, musulmane, juive, athée, bouddhiste, grande, petite, grosse, mince, … bref, ce n’est ni sectaire, ni idéologique, ni politique, ni dangereux, c’est juste un espace de paroles pour les femmes, pour qu’elles ai le droit d’être femme jusqu’au bout des ovaires.




Pour aller plus loin:

Le roman d’Anita Diamant, La tente rouge, raconte l’histoire de
Dina fille de Jacob:

1500 av J-C, dans le désert, Dina fille de Jacob, vit dans l'ombre d'une tente, la tente rouge. Où les femmes se transmettent les rites, les secrets, ou l'homme est interdit d'accès. Dina est l'unique fille de Jacob et de ses quatre mères (qui sont toutes mariées au même homme). Elle grandira sous cette tente, à l’abri des villes, et des hommes (hormis ses frères et son père) Et découvrira le grand amour par hasard, ....

Il existe également une liste de discussion yahoo que vous pouvez rejoindre si vous êtes intéressés pour créer votre tente rouge : clic, clic ici! et une page FaceBook que je vous invite à rejoindre en cliquant ici!

à Virginie et Dali, mes facilitatrices, et à toutes les femmes qui se sont retrouvées ensemble sous la tente

vendredi 26 août 2011

Le lièvre et la tortue, ou comment accoucher comme à la maison en maternité!

Mon Bébé Tortue. Tu t'es invité dans nos vies de manière si soudaine et imprévue que ce fut un énorme bouleversement dans la vie de moi, ta maman, ton père et ton grand frère. La grossesse n'a pas été de tout repos et il nous a fallu du temps pour cohabiter en harmonie ensemble. Et même quand l'harmonie fut installée, toi et moi avons traversé maintes tempêtes de contractions pour nous préparer au grand jour.

Le grand jour. A force de m'entendre dire que tu vas arriver avant l'heure, je crois bien que tu ne finiras jamais par naître. La pleine lune t'a laissé complètement indifférent, je pète même la forme, je marche des kilomètres pour t'inviter à naître. Même le bouchon muqueux s'est fait la malle depuis longtemps.

Nous sommes le 19 avril 2011, J-1, et on commence déjà à me parler déclenchement. Je téléphone à J*****, mon amie en blanc, pour papoter un peu et je sens qu'en discutant avec elle, des idées reçus et autres fantômes se remettent en place et qu'un déclic se fait dans ma tête et mon corps. Ça me fait du bien. En plus, coup de massue, C****, ma sage-femme libérale qui doit assurer le suite de couches pour ma sortie anticipée de la maternité doit s'absenter de manière imprévue le week-end de Pâques. Pour qu'elle puisse s'occuper de moi, il faut donc que j'accouche aujourd'hui ou demain et il serait bien que ton père et moi fassions des travaux pratiques pour déclencher à l'italienne. Bonne patiente on s'exécute avec un petit pressentiment que ça sera la dernière fois avant un bon moment. En effet, à la fin d'un câlin intense, doux et plein d'amour, je sens que des contractions viennent faire vibrer doucement mon corps. Elles ressemblent tellement à celle que j'ai connu pendant tout mes « faux travaux » que je décide de faire une sieste. Je me réveille 2 heures après, je contracte toujours. De toute façon, ce ne sera encore pas pour ce soir. En plus, ce soir débute la nouvelle saison de Dr House et j'ai fermement l'intention de regarder les 4 épisodes. Ton papa se moque de moi et me lance un prophétique : « De toute façon, tu vas perdre les eaux ce soir! » J'en doute fortement, vu que pour Grand Garçon on m'avait rompu la poche des eaux et que de toute façon, mon corps ne sait pas accoucher. Je suis d'ailleurs persuadée que je ne sait pas quand le VRAI travail va se mettre en route. Je suis un peu démoralisée par ce faux travail, d'autant plus qu'une copine ayant le même terme que mi a accouché 5 jours plus tôt et que moi je me traîne encore avec ma bedaine.

Dr House commence et ton papa me prépare les meilleures Conchiglies du monde suivi d'une glace au chocolat dont je me souviendrai longtemps. Je me laisse chouchouter et je savoure. Mon corps continue de vibrer sous les contractions, doucement mais régulièrement. Mais encore une fois, pour moi c'est un loooooooooooong faux travail et on va encore y passer la nuit. Inutile donc d'appeler ni maternité ni doula. C'est d'ailleurs ma doula, mon amie, ma sœur, ta marraine des étoiles qui m'appellera pour prendre des nouvelles. Elle est d'excellente humeur, me taquine sur mes contractions, puis commence à me parler de musique. La goutte d'eau qui fait déborder mon vase, je l'envoie balader en lui disant « poliment » que j'en ai rien à foutre de sa musique de merde. Triomphante, elle éclate de rire et me dit que j'y suis. J'y suis nulle part. D'ailleurs la télé commence à me saouler, je pars me coucher. Et je veux être seule. Que ton père regarde son film avec De Funès et Coluche, ça me va très bien, je serai tranquille alors. 

La nuit sera bercé par des contractions non-douloureuses toutes les 8 minutes environ et un arrêt pipi par heure. Ton père me masse dans un demi-sommeil à chaque fois et me murmures des paroles bienveillantes et aimantes tout en continuant de ronfler.

5h09 Je viens de refaire pipi pour la 150ème fois de la nuit. Je me recouche quand je sens/j'entends un drôle de ploc. La poche des eaux ? Mais non, ça coulerait... Et si je bouge un peu ? Ah oui, ça coule... mais vraiment pas beaucoup. Je réveille ton père d'un ton quasi militaire : « Grand Gars, je viens de perdre les eaux ! Apporte moi une bassine! » En mode zombie, ton père murmure qu'il le savait, s'habille et s'exécute. Pendant ce temps je réveille ma doula. Je sens un calme ancestral m'envahir. Comme si la sagesse de toutes les femmes qui ont accouché depuis la nuit des temps m'accompagnent à ce moment là. Le calme avant la tempête. Je suis tellement zen que K***** me demande si j'ai des contractions. Quand je lui répond par l'affirmative, elle se met de suite en route, car elle a 2 heures de trajet à faire. Ton père et moi nous étonnons sur le peu de liquide que je perds. C'est la première fois que je perds les eaux, je ne sait pas ce que c'est, quand soudain, les chutes du Niagara tombent dans ma bassine. Sauf que les chutes sont teintées. J'ai un petit moment de panique. Y aura pas le temps d'attendre K*****, on doit partir à la maternité de suite. Mais avant, passage par la case pipi, je ressens un gros besoin de me vider. Et c'est là que ça commence à devenir intéressant. A peine mon rectum vidé, une énorme contraction vient me plaquer contre le mur. J'en ai le souffle coupé. Ça dure une éternité et là, j'ai vraiment mal. Elle passe, je plaisante avec ton père, mais voilà que la prochaine arrive déjà. OK, alors soit je panique, soit je gère et j'accompagne la douleur. Je me sens mal, je crois que je vais m'évanouir. Efficace, ton père m'apporte un énorme verre d'eau sucré et je me sens déjà mieux une v*fois ce sirop absorbé. Je pense alors à mon ami Max et ses « soufflantes », ces longues respirations qui guident la douleur et accompagnent l'ouverture du col. J'y arrive mieux de contraction en contraction. Par contre, là clairement, il me paraît impossible de monter dans une voiture pour aller à la maternité. Ton père appelle une ambulance, et on arrive même à se disputer quand il me demande l'adresse de l'hôpital pour l'indiquer au SAMU (gnéééééééééééééééééé !!!!).

Pour ma part j'ai réussi à migrer dans le salon où je suis en position de prière musulmane. Les contractions sont longues et reviennent toutes les 3 minutes. Et entre chaque contraction, j'ai le besoin de plonger au calme au plus profond de moi même. Une idée de mort m'habite. Je ne te sens plus bouger, donc forcément, tu es mort pour moi. Il faut donc en finir rapidement pour que je t'expulse au plus vite. Ton père pendant de temps là, en toute logique, fait le ménage en attendant l'ambulance.

Je ne sais pas à quelle heure les ambulanciers arrivent, j'apprendrais plus tard que nous sommes arrivés vers 6h30 à la maternité. C'est donc là où les ambulanciers ont vécu une heure des plus longues de leurs vie. Car je suis indéplacable. J'ai trop mal, même si je m'attends toujours et encore à pire. Le brancard ne passe pas dans l'escalier et cerise sur le gâteau, j'ai déjà parfois l'envie de pousser. L'ambulancière commence à paniquer et me dis qu'accoucher à la maison, ça ne se fait pas. J'ai envie de l'insulter et de lui dire qu'à la base c'était ce qui était prévu, mais je n'arrive qu'à grogner. Ils appellent le SAMU qui ne veut pas se déplacer, c'est le souk mais je m'en fiche, je contracte toutes les 2 minutes. Finalement ils réussissent à me coller dans un fauteuil roulant, direction ascenseur. J'arrive avec une démarche de reine africaine pieds-nus et dans mon boubou à descendre les dernières marches qui me séparent de l'ambulance et hop direction la mater' avec tout les pimpoms pour que surtout pas je n'accouche dans l'ambulance. Ton papa nous suivra en voiture.

On arrive à la maternité. Le brancard passe à peine la salle d'examen que j'attrape la première personne proche de moi par la blouse. Son nom indique Thomas R*******, mais son physique m'indique soit une erreur de blouse, soit le transsexuel le plus raté de ma vie que j'ai jamais croisé, à vue de son énorme poitrine et ses ongles de pieds laqués rouge. Tant pis, elle/il fera l'affaire pour ma requête : « JE VEUX LA PÉRIDURALE TOUT DE SUITE ! » Aimable, elle me réponds sur le même ton que déjà faudra qu'il y ait un anesthésiste de disponible et que ça ne sera pas avant une heure et que je serais bien gentille de passer sur la table d'examen car on va pas y passer la journée ! Et là, je me dis » Pauvre conne, à la fin de la journée, j'aurais déjà accouché! ». Pour la récompenser je quitte le brancard et me jette à 4 pattes par terre, terrassée par une vague de contractions assez violentes. Qu'est-ce que je suis bien par terre, je ne comprends pas pourquoi la rombière veut que je me relève. Une adorable sage-femme, ma sage-femme, la douce Céline, arrivera à calmer le jeu. Elle envoie balader la rombière et au bout de patience et douceur, réussi à me faire un examen : je suis dilatée à 6-7. Chouette, on peut me transférer directement en salle de naissance. Hop, en fauteuil roulant, mais ça fait mal. On m'installe sur la table, on me pose le monito, et là, surprise, j'entends ton cœur battre. Tiens, tu es encore en vie ? Tant mieux ! Et puis je m'en fiche après tout, j'ai juste horriblement mal. L'anesthésiste va peut-être arriver. Ton papa est à mes côtés. Affûté d'une superbe blouse bleue assortie à la mienne, il me tient la main et m'accompagne dans les respirations pour que je me cale sur lui. Je perds toute notion du temps. Puis, Dieu arrive. Pas en personne, mais sous forme du plus bel anesthésiste que j'ai vu au monde. Il va me poser une voie. Puis une péri ! Yes!!! Enfin telles sont ses intentions à la base, mais vue que mes contractions s’enchaînent toutes les minutes quasiment il ne peut rien faire d'autre que de me tapoter gentiment la main. Je broie sa pauvre mimine et le matelas alors, que Céline, la sage-femme s'obstine à vouloir que je lui épèle mon nom. « Mais foutez moi la paix, je veux juste mourir. J'ai horriblement mal et ce bébé s'obstine à vouloir sortir par le mauvais trou. »
« Mais vous poussez Madame ? Enfin vous vous retenez là ? Mettez vous sur le dos que je vous examine ! Dépêchez vous votre bébé a le cœur qui ralentit! C'est pour lui qu'il faut le faire!»
Je me retourne, tout en réalisant qu'on m'a retiré le monito il y a des plombes et que Céline la rusée ne peut pas savoir comment va ton cœur. Trop tard, elle m'examine déjà et me dit : « Mais vous êtes à dilatation complète, je vois déjà les cheveux! Poussez à la prochaine contraction!»
« Mytho! » je pense, « çà fait pas assez longtemps que je suis ici pour être à complète. »
Apollon lui, me tapote encore une dernière fis la main, puis disparaît, il n'aura rien à faire sur moi.
Quand à moi, elle veut que je pousse, ben t'inquiète, dès la prochaine contraction, je pousse et tu verras que ce n'est pas encore le moment. Tiens d'ailleurs la voilà, je pousse.
« Très bien, Madame, vous sentez votre bébé qui avance? »
« Non, je ne sens rien du tout. Je sens surtout qu'il me défonce la boîte à caca! »
Puis là, nouvelle contraction. Je suis submergée par une force surhumaine, je m'arc-boute, je fais le pont et je pousse de toute mes forces. Céline ne se laisse pas impressionner par cette position originale, même si c'est une première pour elle. Ta tête est sorti. Ton père est au premières loges, ému, les larmes aux yeux. Nouvelle contraction, même position. Je te sens te tourner dans mon vagin. Une épaule, puis la deuxième et Céline m'encourage à t'attraper au vol. Il est 7h45. Tu es né, couvert de méconium, mais j'arrive déjà à te reconnaître : blond, rose et potelé aux yeux bleus. Tout le contraire de ce que j'imaginais. Mais tu es là et tu es magnifique.

La suite sera aussi d'une simplicité que je n'osais imaginer. Ton père coupe le cordon quand il a cessé de battre. Pendant qu'on t'essuie et qu'on te fasse le stricte minimum des soins à côté de moi, on me laisse royalement en paix et notre placenta sortira tout seul bout d'une petite demi-heure. Et je serai recousu de manière très délicate pour la petite déchirure que ton passage m'a fait. Et mon apothéose : on me donnera un grand verre d'eau juste après ta naissance.

Les premiers rayon de soleil dorés envahissent la pièce. Je sourit car je savais que tu naîtrais avec le jour. Mon bébé solaire. Je t'ai attendu pendant si longtemps. Tu m'as appris la patience car tu es né jour pour jour 9 mois après ta conception. Tu m'as offert une naissance de rêve qui aura réparé celle de ton frère. Tu m'as offert un sentiment de victoire et de puissance et la preuve que l'amour maternel se multiplie et non se divise. Quand à K*****, ma doula, même si elle était présente avec nous par la pensée, elle n'aura pas eu le temps d'arriver...


jeudi 25 août 2011

"Chers nouveaux voisins..."

"Chers nouveaux voisins,

je prends le temps de descendre de mon escabeau à tapisser pour vous souhaiter la bienvenue dans votre nouvelle maison. Je manque de politesse et failli à mon devoir de bonne voisine, aussi je m'empresse de vous écrire cette missive.

Je suis heureuse de vous avoir comme nouveaux voisins car je vois que nous avons pas mal de points en commun et j'espère donc que nous aurons des relations agréables de voisinage.

Vous comme nous avez des enfants, que des garçons des deux côtés de la palissade: chouette! Peut-être pourront-ils jouer ensemble un de ses jours. Par contre, pourriez vous juste éviter d'affubler alors notre fils du même sobriquet "Petit Con"  ou "Ta Gueule" comme vous le faîtes avec vos chérubins? Même si je sais qu'il ne s'agit que d'un gentil sobriquet, car je vous "entend" assez fréquemment caresser les fesses de vos garçons avec le plat de votre main. Et vu les hurlements de joie que font vos enfants, j'en déduit qu'ils apprécient cela, surtout tard le soir quand nous essayons d'endormir notre fils et notre bébé! D'ailleurs veuillez nous excuser pour les pleurs de notre bébé. Il a tendance à pleurer très fort quand il est réveillé en sursaut par du bruit...

Puis, pourriez vous dire à vos enfants de parler un peu plus bas quand ils jouent dans la cour. Je ne suis absolument pas contre les enfants qui jouent dehors, au contraire, ils ont besoin de prendre l'air. Par contre, c'est juste que je n'ai pas envie que notre bébé dise "Putain" en premier mot parce qu'il l'aura entendu à répétition lors de ses siestes dans le jardins. J'ai eu d'ailleurs peur l'autre jour en passant l'aspirateur dans la chambre des garçons côté rue, j'ai cru qu'on égorgeait un cochon dans notre jardin, mais, non ouf, j'étais rassurée quand j'ai constaté qu'il ne s'agissait que de votre fils qui hurlait parce que son frère lui tapait dessus avec le pied du parasol qu'il avait dû arracher à la table qui gisait renversé, les 4 pieds en l'air dans la cour.

Je vois que nous avons un autre point commun: nous aimons les bêtes. Mais par contre, chaque bête dans son foyer. Autant "Dégage" et "Sale bête" sont d'adorables chattes, autant ça me gène de voir "Sale bête" rentrer dans notre maison pour vider la poubelle (et par la même occasion montrer comment faire des bêtises à nos propres félins déjà assez inventifs comme ça!) et faire ses besoins dans notre garage.

Peut-être que nous pourrions aussi abattre la clôture entre nos deux jardins? Ca éviterai que vous ne vous fassiez un torticolis en regardant dans le nôtre e que "Sale bête" se blesse en forçant le passage pour aller éventrer nos poubelles.

D'ailleurs, avec mon compagnon, on ne soupçonnais pas que la maison d'à côté soit aussi grande. Mais vu le bruit qu'on entend dévaler les escaliers (du l'autre côté de notre tête de lit apparemment) à 23 heures, je la crois assez grand pour héberger deux ou trois éléphants.

Aussi, juste avant de clôturer, je voulais juste vous donner un petit conseil: je suis assez maladroite avec ma poussette. Aussi, quand je sors de la maison, il m'arrive très fréquemment de rayer et d'emboutir les voitures qui se garent juste devant notre porte d'entrée et la fenêtre du salon. Je suppose que c'est la vôtre, alors veuillez m'en excuser par avance. Ce serait vraiment dommage que votre Merco et la jolie petite voiture de sport rouge tunée soit abîmée par mes maladresses. C'est d'ailleurs pour ça que mon compagnon gare la voiture familiale devant notre porte car elle ne craint plus trop rien et que la voiture de fonction est garée dans le garage.

Vous trouverez ci-joint votre petit cadeau de bienvenue! Etant des gens modernes, nous faisons l'impasse sur le traditionnel pain et sel et vous offrons de tout coeur ce petit manuel de savoir-vivre et ce dictionnaire Lar*usse pour les enfants afin qu'ils améliorent leur vocabulaire un peu pauvre. A moins que ce ne soit le votre qui soit limité, dans quel cas, ce cadeau trouvera aussi son utilité!

Surtout, faites nous savoir si par malheur nous ne faisions pas assez de bruit ou si vous avez besoin d'un service, nous serons ravi de vous aider (comme vous indiquer le grand-terrain de jeux ou vous aider à refaire vos cartons ou vous donner les coordonnées du zoo le plus proche pour qu'ils puissent y  accueillir vos éléphants dans des enclos plus grands)! Et peut-être qu'un soir où vous ne recevrez pas vos amis pour un apéro dans le jardin (quoique ça me parait difficile, toutes vos soirées semblent déjà occupées) vous pourriez venir prendre l'apéro chez nous!

Sur ce, bonne installation
Amicalement

les voisins d'à côté!"




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