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lundi 28 mai 2012

Qu'est-ce qu'une doula?

Depuis que la Zèbre a commencé sa formation de Doula, beaucoup de monde lui demande ce que c'est, s'il s'agit d'un phénomène de mode, depuis quand celà existe etc... Avec l'aide du site de Doulas de France, la Zèbre va essayer de vous apporter quelques informations, pistes de réflexions et iens à visiter. Après n'hésitez pas à venir me poser des questions afin d'échanger sur cette magnifique profession qu'est le métier de Doula. Bonne lecture!


Le mot "doula", (du grec ancien), est utilisé aujourd'hui dans le domaine de la périnatalité, pour nommer une femme qui a pour vocation d'aider une autre femme et son entourage pendant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale, grâce à son expérience et à sa formation. Elle incarne la figure féminine qui se tenait autrefois auprès de la femme qui met au monde son bébé, aux côtés de la sage-femme.
Aux Etats-Unis le mot "doula" est entré dans le dictionnaire et désigne une femme qui accompagne la mère pendant la périnatalité.

Elle accompagne, soutient, entoure, les femmes seules ou les couples, et leurs proches.
Elle n'exerce pas le métier de sage-femme.
Elle s'engage à la confidentialité et se soumet au secret professionnel.

Il n'existe pas un modèle unique de doula
en effet il y a autant de doulas différentes que de femmes.



Aujourd'hui en France, il est rare qu'une mère soit suivie par la même personne tout au long de la grossesse, rare qu'elle connaisse la sage-femme qui sera présente lors de son accouchement et qu'elle ait pu établir une relation de confiance avec elle. Il est rare que la même sage-femme soit présente tout au long de l'accouchement surtout s'il est long. Si la mère est suivie par un obstétricien, si tout se déroule normalement, il est rare de le voir avant la phase ultime du travail. Dans la période postnatale, et au cours de l'allaitement, la femme voit, là encore, une sage-femme différente, des puéricultrices, infirmières, auxiliaires, aides soignantes, pédiatre, etc... toutes personnes, certes, hautement qualifiées, mais qui sont le plus souvent étrangères pour elle.
Les visites prénatales sont dans la plupart des cas très courtes, les cours de préparation, quand ils existent, peuvent être donnés par des sages-femmes encore une fois différentes, et les informations peuvent varier d'une personne à l'autre, ce qui est désorientant.
Le sentiment de sécurité intérieure de la mère est une clé pour qu'un accouchement se passe bien. L'environnement médical ne contribue qu'exceptionnellement à la sécurité affective et inconsciente de la mère. La présence d'une doula est une bonne réponse à ce besoin. Elle crée une continuité, établit une relation de confiance, de complicité et d'intimité de femme à femme, ce qui permet à la mère de se sentir en sécurité à chacune des étapes du déroulement de la naissance.

Elle peut intervenir avant même la conception, et étendre ses services jusque dans la période postnatale, celle-ci étant définie de la naissance à... 3 ans.


Des essais cliniques randomisés (références sur le site www.doulas.info) sur le soutien émotionnel et physique pendant le travail ont démontré de multiples avantages :
. 50% de diminution du taux de césarienne
. 25% de réduction du temps de travail
. 60% de réduction de demande de péridurale
. 30% de réduction d'utilisation d'analgésique
. 40% réduction de l'utilisation de forceps

The Doula Book How a Trainer Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier and Healthier Birth
Second edition- by Marshall, Phyllis Klaus and John Kennell (Perseus Press, 2002)

Pour aller plus loin je vous invite à consulter les sites suivants:

plus spécifiquement



Pour se former:
- Michel Odent et Lilianna Lammers (formation à Londres, donc pas adaptré à la legislation française)

mercredi 31 août 2011

Isthmes

Dans le cadre des Journées des Doulas 2009 en mai dernier, le stuff avait fait appel à nos témoignages de mères amères et nos talents d'écrivain ou/et poète. J'avais donc laissé glisser sa plume sur le papier pour écrire une incantation à naître en pensant très, très fort à mon fils ainé, le premier vrai amour de ma vie. Ces textes ont été slammés lors des JDDs par plusieurs slammeuses femmes, dont une, Marie Martias, dont je parlerai dans un autre post. Mon texte n'a malheureusement (ou heureusement) pas été slammé, mais après réflexion, j'ai décidé de le partager avec vous. Si vous souhaitez lire les autres textes, tous plus émouvants et vrai les uns des autres, allez faire un tour sur le blog des Mères Amères.

Incantation à Naître

Viens, viens mon enfant
Au creux de la vague je t’appelle à moi
Au plus profond de mon être tu as traversé
Des tempêtes d’émotions qui t’ont bercé
Au fil des lunes croissantes et décroissantes
Dans le cours de mes eaux tu t’es nourri de
Mon amour pour préparer cet instant
Viens, viens mon enfant, mon bien-aimé
Au creux de mon être tu affrontes les tempêtes
Ce terrible grain d’amour qui nous bouleverse
Tout les deux et modifiera notre vie à jamais.
Tu m’étais destiné, je te suis destinée
Et à cet instant ni le ciel ni la mer
Ne peuvent nous séparer
Viens, viens mon enfant d’amour
Je t’imagine, je te berce, je te guide
Des eaux troubles à la lumière
À travers les marées du moment
Suis la chaleur de mes mains,
La puissance de mes pensées,
La violence de mes vagues
Afin de traverser le séisme de la vie
Viens, viens mon petit d’homme que je t’enfante
Que nos cœurs et corps vibrent à l’unisson
Lors de ton entrée dans la ronde de la vie
Viens me conter la douleur de ta venue
Viens te nourrir auprès de ma source
Viens te réchauffer au soleil de ma peau
Viens te recueillir dans le creux de mes bras
A l’aube, le reste de ta vie commenceras.

Isthmes

Dans le cadre des Journées des Doulas 2009 en mai dernier, le stuff avait fait appel à nos témoignages de mères amères et nos talents d'écrivain ou/et poète. J'avais donc laissé glisser sa plume sur le papier pour écrire une incantation à naître en pensant très, très fort à mon fils ainé, le premier vrai amour de ma vie. Ces textes ont été slammés lors des JDDs par plusieurs slammeuses femmes, dont une, Marie Martias, dont je parlerai dans un autre post. Mon texte n'a malheureusement (ou heureusement) pas été slammé, mais après réflexion, j'ai décidé de le partager avec vous. Si vous souhaitez lire les autres textes, tous plus émouvants et vrai les uns des autres, allez faire un tour sur le blog des Mères Amères.

Incantation à Naître

Viens, viens mon enfant
Au creux de la vague je t’appelle à moi
Au plus profond de mon être tu as traversé
Des tempêtes d’émotions qui t’ont bercé
Au fil des lunes croissantes et décroissantes
Dans le cours de mes eaux tu t’es nourri de
Mon amour pour préparer cet instant
Viens, viens mon enfant, mon bien-aimé
Au creux de mon être tu affrontes les tempêtes
Ce terrible grain d’amour qui nous bouleverse
Tout les deux et modifiera notre vie à jamais.
Tu m’étais destiné, je te suis destinée
Et à cet instant ni le ciel ni la mer
Ne peuvent nous séparer
Viens, viens mon enfant d’amour
Je t’imagine, je te berce, je te guide
Des eaux troubles à la lumière
À travers les marées du moment
Suis la chaleur de mes mains,
La puissance de mes pensées,
La violence de mes vagues
Afin de traverser le séisme de la vie
Viens, viens mon petit d’homme que je t’enfante
Que nos cœurs et corps vibrent à l’unisson
Lors de ton entrée dans la ronde de la vie
Viens me conter la douleur de ta venue
Viens te nourrir auprès de ma source
Viens te réchauffer au soleil de ma peau
Viens te recueillir dans le creux de mes bras
A l’aube, le reste de ta vie commenceras.

vendredi 9 juillet 2010

Highway to hell (AC-DC)

Naître en enfer: Le mythe de la sécurité de l'accouchement à l'hôpital


Jock Doubleday - Traduction de Out of the Womb, into the Fire (1)
En réponse à l'article de Nina Shapiro, Birth control, paru dans le Seattle Weekly le 26 novembre
1998


Tuer le mythe

Lorsque vous tuez un mythe, c'est comme une naissance. Je sais que c'est vrai car j'en ai moi-même tué un, il y a quelques années, avec l'aide du mythoclaste ou
tueur de mythe, Joseph Chilton Pearce.

Au début des années 70, Pearce a écrit un livre intitulé Magical Child. Malgré son langage technique, et bien qu'il se réfère surtout à des
publications médicales, ce livre s'est vendu à de très nombreux exemplaires et on le trouve encore en librairie vingt ans plus tard.

La thèse de Magical Child est que le potentiel humain se situe largement au delà de ce qui est couramment admis et que certaines pratiques
culturelles sont à l'origine de notre affaiblissement collectif. Pearce affirme qu'une de ces pratiques dommageables est la médicalisation de l'accouchement, conçu pour contrecarrer virtuellement
toutes les étapes que la nature a planifiées, depuis trois millions d'années, pour accomplir le miracle de la naissance.

Pearce décrit avec une minutie consternante le drame de la "cascade d'effets" de l'obstétrique moderne, où toute intervention en entraîne une autre: comment les
analgésiques ralentissent les mouvements synchronisés par lesquels l'enfant est expulsé de l'utérus, prolongeant le temps d'expulsion et le transformant en torture; comment le ralentissement du
travail augmente la peur chez la mère; comment la peur chez la mère amène ses muscles utérins inférieurs à se resserrer, stoppant ainsi le travail et causant une douleur intense parce que les
muscles supérieurs continuent à se contracter; comment l'augmentation de la douleur de la mère justifie une augmentation de la médicalisation (chaque dose traversant la barrière placentaire pour
atteindre l'enfant en moins de 45 secondes) détruisant ainsi l'échange hormonal subtil entre la mère et son enfant; comment l'enfant drogué est incapable d'envoyer le signal hormonal "je suis
prêt" à sa mère, excluant donc la possibilité d'un accouchement vaginal; comment la convalescence de la mère, après une césarienne ainsi "justifiée", l'empêche de créer un lien affectif avec le
nouveau-né au moment critique suivant la naissance; comment cet enfant fortement drogué est incapable d'interagir avec son entourage et d'engager un apprentissage primaire; comment l'absence
d'attachement (ce que Pearce nomme "un endroit sécuritaire où se camper") affecte l'enfant pour le reste de sa vie; comment la dépression post-partum est un résultat direct d'un mauvais usage de
la technologie.

La dévote

Ainsi, c'est avec un peu de consternation que j'ai lu l'article de Nina Shapiro: Birth Control, dans le Seattle
Weekly.

Dans cet article, Shapiro prône l'usage des médicaments analgésiques pour l'accouchement -- sachant que ces médicaments seraient sans danger pour la mère et son
bébé. Elle soutient que le "culte" de l'accouchement naturel a étouffé l'information relative à la réelle ampleur de la douleur de l'accouchement, ce qu'elle appelle l'intensité de son "canal
racine". Elle prétend que les membres de ce culte "culpabilisent" les femmes dans leurs choix de méthodes d'accouchement, tout en leur en suggérant d'autres qui sont inutilement douloureuses, que
le culte lui-même est dirigé par des gourous sans jugement, que pour le "bien-être" durant l'accouchement un choix réellement éclairé amène inévitablement à l'usage de la technologie obstétricale
la plus avancée, et que la technologie est une planche de salut pour des femmes qui cherchent désespérement à éviter le travail d'Ève.

Ses arguments sont -- je pèse mes mots -- dénués de tout fondement. Ils sont composés d'un rabâchage de "vérités mythologiques", de croyances qui ne sont pas
exactes, mais crues sur parole par la population en général. La croyance que la terre est plate, ou que ceux qui soignent avec des plantes sont démoniaques et devraient être brûlés sur un bûcher,
sont des exemples de vérités mythologiques aujourd'hui tombées en désuétude.

La manière dont Shapiro nous assène, sans s'encombrer de faits, et ramenant tout à sa personne: "Je n'avais aucune envie de faire du sentimentalisme dégoulinant",
personnifie un style d'écriture dont la vérité fait toujours les frais. Elle affiche une confiance en elle-même qui n'a d'égal que son ignorance. C'est un coup bas en dessous de la raison, une
tentative de nous convaincre par la seule brutalité de ses affirmations.

Sa théorie selon laquelle le mouvement de la naissance naturelle "insiste sur la sensation de douleur de la femme" est tellement aux antipodes de la vérité qu'on
pourrait en rire si elle n'était pas aussi dangereuse. Sa croyance que "pour répondre aux besoins de mon enfant il faudrait que je renonce aux miens" est d'une vacuité sans fond. En tant que
chercheur dans ce domaine de la naissance, depuis huit ans, je pense que le seul intérêt de l'article de Shapiro serait de figurer dans son journal intime.

Shapiro se voit elle-même comme une personne sage, éveillée et avisée, une "débusqueuse de mythes", une "exploratrice" découvrant des vérités ensevelies par une
petite mais puissante faction de victimes d'un lavage de cerveau. Mais le territoire qu'elle prétend explorer a déjà été défoncé au bulldozer, aplani et goudronné depuis 50 ans déjà: elle me fait
penser à un Christophe Colomb partant à la découverte de l'Espagne!

Les principaux traits du paysage de son "meilleur des mondes" sont l'analgésie péridurale, l'épisiotomie, la césarienne, et une capitulation inconditionnelle devant
les exigences de l'institution hospitalière.

Les "prémisses"

Tout en prônant le "choix éclairé", Shapiro se garde bien de rechercher des informations. Même si elle nous fait part de son désir "d'apprendre" au sujet de
l'accouchement, nous découvrons que ses lectures se sont en fait limitées à deux ouvrages, qu'elle regarde d'ailleurs tous deux avec dédain: Pregnancy, Childbirth and Newborn,
parce qu'il parle de "savourer" l'expérience de la naissance, et What To Expect When You're Expecting, auquel elle reproche d'être trop "sentimental" et trop complaisant vis à
vis des pratiques d'accouchement des cultures traditionnelles.

A propose de ce qu'elle désigne comme pratiques de naissance des sociétés "primitives", Shapiro écrit (avec son arrogance habituelle): "Tout y est tellement naturel
que le taux de mortalité infantile est épouvantablement élevé..." Parmi tous les "faits" dont se prévaut la "bulle" mythologique de la sécurité de l'accouchement médicalisé, c'est celui qui, je
crois, est responsable du grand nombre de décès d'enfants dans le monde civilisé. Car, même s'il est vrai que, en comparaison avec les taux de mortalité infantile de l'Ouest, ceux des cultures
traditionnelles sont élevés, la différence ne tient pas aux pratiques d'accouchement, mais à la maladie. Comme John Robbins l'écrit dans son ouvrage Reclaiming our Health (1996),
mythoclaste autant que méticuleux au niveau de la recherche:

Le déclin historique des taux de mortalité maternelle et infantile, ainsi que de morbidité (maladies et blessures) dans la civilisation occidentale n'est pas dû
aux interventions médicales obstétricales. Ces gains sont plutôt liés au développement des antibiotiques, à l'addition de vitamine D dans le lait (pour prévenir le rachitisme), aux progrès de
la santé publique, des conditions sanitaires et de nutrition, à l'amélioration des conditions de travail des femmes, et à toutes les autres mesures qui ont amélioré la santé maternelle avant
l'accouchement. La littérature médicale abonde d'études qui révèlent que les pratiques fondamentales de l'obstétrique moderne, utilisées de manière
routinière, ne sauvent pas des vies. En fait, les études, les unes après les autres, nous démontrent que ces pratiques induisent de plus hauts taux de mortalité tant chez les mères que chez les
bébés.
[C'est moi qui souligne]

Ce que les statistiques démontrent en essence, c'est que les antibiotiques et d'autres percées en santé publique ont sauvé plus de bébés que la routine obstétricale
en a tués.

En effet, dans tous les pays développés, y compris les États-Unis, l'utilisation de routine de la technologie obstétricale conduit à une mort infantile 2 à 19 fois
plus souvent qu'un accouchement accompagné par une sage-femme. (Chamberlain et al. In Sheila Kitzinger, Homebirth, 1991) (Par "utilisation de routine" on entend une utilisation
pour des naissances qui ne sont pas à haut risque.)

Pour les seuls Etats-Unis, dans les 50 dernières années, la routine obstétricale est directement responsable d'au moins 1 282 500 décès d'enfants. (Doubleday,
Obstetricians should be heroes, 1998, <http://www.gentlebirth.org/nwnm.org>, lire la
version française)

La routine provoque également une augmentation des taux de morbidité infantile (Henci Goer, Obstetric Myths versus Research Realities, 1995,
p.332), une augmentation des taux de mortalité et de morbidité maternelle (ibid.) et des taux plus élevés de maltraitance des enfants, notamment pour ceux nés par césarienne (Nancy Cohen,
Open Season: Survival Guide for Natural Childbirth and VBAC in the 90s, 1991, p.25)

La peur

"En vérité, depuis longtemps j'ai peur de l'accouchement" écrit Shapiro.
Enceinte au moment d'écrire son article, elle admet qu'elle veut apprendre "tout ce qui pourrait rendre son expérience plus facile". Relatant l'histoire de
l'accouchement naturel de sa propre mère, elle écrit: "Elle me l'a décrit comme une sensation d'être déchirée en deux". En faisant les gros yeux au mouvement d'accouchement naturel, elle ajoute:
"On y montre du doigt toute femme qui ose rechercher un soulagement [médicamenteux] au tourment tout naturel de l'enfantement."

Mais est-ce que la douleur de l'enfantement est vraiment normale? Ou nécessaire?
Les partisans de la naissance technologisée croient que la douleur de l'accouchement est une nécessité biologique, mais c'est faux.
J'ai par exemple une amie qui m'a décrit son premier accouchement comme "pas vraiment douloureux". Certes, son régime alimentaire est quelque peu marginal: fruits
et légumes crus biologiques, pain complet bio, noix et graines crues et biologiques, aucun laitage, aucune viande ou sucre raffiné. J'ose parier que dans notre culture occidentale, une future
maman sur 10000 aurait un régime alimentaire aussi strict (mais que beaucoup plus ont un régime strictement malsain)... Mon amie fait aussi régulièrement du sport et vit souvent accroupie. J'ose
parier que dans notre culture occidentale, pas plus d'une future maman sur 10000 utilise régulièrement la position accroupie.

La science n'a pas conclu qu'une mauvaise alimentation et un travail physique insuffisant sont la cause de douleurs lors de l'accouchement. Les études n'ont pas été
faites. La science rejettera donc l'histoire de mon amie comme "une évidence anecdotique". Abandonnons donc exercice et régime, et passons à la peur.

La science a conclu que la peur est certainement un déterminant majeur de la douleur lors de l'accouchement. Nancy Griffin écrit dans The Epidural Express: Real Reasons Not to Jump on Board (Mothering Magazine, printemps 1997) que:
La raison principale de la douleur dans un accouchement normal est [...] le syndrome peur-tension-douleur. [...] Notre organisme nous fournit de puissants
instincts durant l'accouchement. Le premier est le besoin de se sentir en sécurité et protégé. Tous les mammifères cherchent instinctivement un endroit sombre, retiré, et le plus important,
sécuritaire, pour accoucher. Durant l'accouchement, les mammifères semblent dormir et ferment les yeux pour tromper des prédateurs potentiels. Ils respirent normalement, et certains (qui ne
transpirent pas) peuvent haleter pour se refroidir. Les humains pourraient atteindre plus facilement un stade de relaxation en fermant les yeux et en faisant des respirations abdominales. Cette
relaxation ralentit aussi les ondes du cerveau de la femme accouchante dans ce qu'on appelle un état alpha, état dans lequel il est virtuellement impossible de relâcher de l'adrénaline,
l'hormone de la peur. Le besoin de confort physique devient critique, comme celui d'avoir un "nid" prêt pour le bébé. L'environnement hospitalier provoque souvent de nombreuses intrusions
non-intentionnelles dans l'atmosphère de la naissance en imposant un éclairage excessif, beaucoup de monde, du bruit, des examens, et des machines suscitant la peur.

Comment au juste la peur de la mère peut-elle susciter de la douleur? Griffin explique:
Le muscle utérin est admirablement conçu pour négocier efficacement avec le danger, la peur et le stress durant le travail. L'utérus est le seul muscle du corps
qui contient en lui-même deux groupes de muscles opposés -- un qui induit et poursuit le travail, et l'autre qui stoppe le travail si la mère est en danger ou effrayée. Le stress émotionnel ou
physique signalera automatiquement le danger à un mammifère accouchant. Son travail ralentira ou s'arrêtera complètement pour qu'elle puisse s'enfuir en sécurité. En nos temps modernes, ça se
détraque. Nous ne pouvons fuir nos peurs -- qui peuvent inclure les "histoires d'horreur" de nos amies à propos de leurs accouchements -- ni nous enfuir de notre hôpital ni loin de notre
médecin. Alors, il y aura un relâchement d'adrénaline qui causera la contraction des muscles circulaires courts dans le tiers inférieur de l'utérus. Ces muscles sont responsables de l'arrêt du
travail en fermant et en serrant le col. Le résultat sera que nous "mijotons" littéralement dans l'adrénaline. En même temps que les fibres musculaires longues et droites se contractent pour
effacer et dilater le col, les fibres courtes et circulaires du bas de l'utérus se contractent aussi pour fermer le col et "combattent" le travail. Le résultat? La très réelle douleur de deux
muscles très puissants tirant dans des directions opposées chaque fois que la femme accouchante a une contraction.

Ayant établi un lien direct entre la peur et la douleur, Griffin conclut:
En apprenant la relaxation profonde au niveau mental, physique et émotionnel; en confrontant activement nos peurs liées à l'accouchement et en choisissant un
environnement de naissance dans lequel elle se sent protégée et en sécurité, la femme accouchante n'aura pas à expérimenter la douleur traumatique du syndrome "peur-tension-douleur".

Suzanne Arms, une figure bien connue dans le mouvement d'accouchement naturel, écrit dans Immaculate Deception II: Myth, Magic and Birth
(1994):

La télévison, la presse et les histoires de naissances se focalisent sur le caractère dramatique et les dangers de la naissance... Peut-être que la chose la plus
importante que quelqu'un puisse faire pour une femme sur le point d'accoucher est de l'aider à se défaire de ses idées préconçues et à diminuer les peurs qu'elle a accumulées toute sa vie par
rapport à l'accouchement.

L'express de la péridurale

"Quelque part durant le processus", songe Shapiro, "le mouvement amorcé pour redonner le pouvoir aux femmes enceintes de faire des choix éclairés par rapport à la
naissance de leur enfant, s'est muté en une campagne de pression, culpabilisatrice, sur la manière correcte d'accoucher, à savoir, la version « naturelle », non-médicalisée N'est-il pas
significatif [...] que ce mouvement prétenduement féministe soit celui-là même qui insiste sur la nécessité pour la femme de ressentir la douleur?"

Prenant connaissance de la liste des effets secondaires potentiels de diverses drogues analgésiques, elle écrit: "C'est comme lire un emballage d'aspirine: oui, ça
peut causer des tintements d'oreille ou une perte d'audition, mais est-ce que le risque est assez grand pour empêcher une personne raisonnable d'en prendre?"

Etudions donc les risques associées à l'administration de drogues analgésiques durant l'accouchement, en commencant par les risques pour l'enfant in utero. Nancy
Griffin (Mothering Magazine, printemps 1997) écrit:

Tous les dosages d'analgésiques sont déterminés par le poids corporel de la mère... Comme le poids de la mère est approximativement 20 fois celui de son enfant
non-né à terme, il y a presque toujours un risque que son enfant reçoive une dose trop élevée -- peut-être le fait le plus préoccupant quand on parle de l'usage de médicaments durant
l'accouchement. Après la naissance, le nouveau-né métabolise ces médicaments partiellement via ses fonctions hépatiques. Comme le nouveau-né arrive dans le monde avec un foie immature, la
métabolisation des médicaments augmente l'incidence et la gravité de la jaunisse néonatale.

L'ouvrage de référence des médecins (Physician Desk Reference, PDR) [équivalent du "Vidal", NDLT], qui sert de référence pour toute information au sujet des
médicaments, leur usage, les précautions, effets secondaires, etc., indique à propos des dérivés de caïne utilisés dans les péridurales: "Les analgésiques locaux traversent rapidement la
barrière placentaire (par diffusion passive), et lorsqu'ils sont utilisés pour des blocs épiduraux, l'anesthésie peut causer, à divers degrés, une toxicité maternelle, foetale et néonatale. Les
réactions adverses dans la mère et le bébé entraînent une altération du système nerveux central, du tonus vasculaire périphérique, et de la fonction cardiaque."

Les recherches effectuées dans les cinq dernières années (1992-1997) sur les effets sur les nouveaux-nés de l'analgésie péridurale montrent que la péridurale
provoque de plus mauvais résultats neuro-comportementaux, une diminution du tonus et de la force musculaire, qui affecte sa capacité de succion, ce qui peut amener des difficultés
d'allaitement, une dépression respiratoire, une plus grande incidence de variabilité cardiaque, et par le fait même une augmentation de l'usage des forceps, ventouses, césariennes et
épisiotomies.

Griffin nous donne une liste des effets secondaires pour la mère:
Le PDR nous donne la liste suivante d'effets secondaires possibles du côté maternel pour les dérivés de caïne: hypotension, rétention urinaire, incontinence
fécale et urinaire, paralysie des extrêmités inférieures, maux de tête, maux de dos, méningite septique, ralentissement du travail, besoin acrru de forceps ou de ventouse, paralysie des nerfs
crâniens, réactions allergiques, dépression respiratoire, nausées, vomissements et convulsions.

Une revue de la littérature scientifique rapporte qu'en moyenne 70% des femmes qui recoivent une péridurale durant le travail font aussi l'expérience de ses
effets secondaires. Les plus communs sont: la rétention urinaire post-natale, de sévères maux de dos, une perte de motricité, un travail prolongé pour le premier et deuxième stade, un mauvais
positionnement du bébé à la fin du deuxième stade, de l'hypotension, et chez le bébé, une médiocre organisation motrice.

Des risques très rares mais non négligeables incluent des traumatismes aux fibres nerveuses, si l'aiguille de la péridurale perfore un nerf et que le liquide y
pénètre directement; une surdose de médicament qui résulte en une profonde hypertension avec arrêt respiratoire et cardiaque, et décès possible, une toxicité du système nerveux central
résultant d'une injection directement dans la veine épidurale. La péridurale augmente les coûts de soins de santé maternels et néonataux, ainsi que la responsabilité légale des professionnels
de la santé. D'autres interventions médicales, comme la perfusion intraveineuse, un monitoring foetal continu, l'usage de médication additionnelle, un cathéter vésical, une vérification
fréquente de la tension artérielle, l'administration continue d'oxygène, des forceps, ventouses et épisiotomies deviennent souvent nécessaires en plus des soins médicaux requis pour une
péridurale. Elle peut prolonger le travail, amenant possiblement le besoin d'accélerer les choses avec la pitocine, une hormone artificielle qui imite l'action de l'ocytocine, l'hormone
naturelle qui déclenche le travail et provoque les contractions utérines.

Voilà le type d'argument qui était évoqué contre l'usage de la péridurale en 1999.
A l'opposé de cet argument, nous avons cette brave assurance technophile exprimée par Shapiro: "La péridurale permet maintenant aux femmes une pleine conscience et
un rôle actif durant le travail."

25 000 $ de récompense

Shapiro se lamente d'une pénurie "d'experts" capables de lui dire quoi faire. Même si je n'ai aucun diplôme médical, je suis un expert à ma manière. Depuis huit
ans, je me consacre à la lecture des études en relation avec l'accouchement. N'étant ni obstétricien, ni sage-femme, je n'ai aucun biais professionnel.

Ce que j'ai découvert durant mes huit ans de recherche, c'est qu'il n'y a aucune évidence scientifique, pas une seule étude dans ce pays ou aucun autre, qui
justifie l'usage de routine de la technologie obstétricale.

En fait, les conclusions des études de recherches médicales convergent si fortement en faveur de l'accouchement naturel, que dans Midwifery Today d'automne
1998, j'ai publié une offre de 10000$ US à la première personne qui pourrait présenter une étude publiée dans un journal scientifique, quel que soient le pays et la période dans le temps,
démontrant que la naissance à l'hôpital est plus sécuritaire, pour n'importe quelle catégorie de femmes et de bébés, que l'accouchement à domicile avec l'assistance d'une sage-femme
compétente.

Personne n'a réclamé, ni tenté de réclamer, cet argent.
A ce jour, je monte mon offre à 25000$ US. De plus, je voudrais clarifier que le terme "sage-femme" n'inclut pas les "infirmières-sages-femmes"
(nurse-midwives) qui, à cause de leur formation médicale traditionnelle, et en dépit de leurs bonnes intentions, amènent avec elles à la maison un modèle d'accouchement médical basé sur
la peur, faisant ainsi glisser l'accouchement à domicile du côté de la technologie. La peur, de toute manière, est contagieuse.

La nouvelle offre de juin 1999 se lit ainsi:
Je soussigné, Jock Doubleday, paierai la somme de 25000$ US à la première personne qui me présentera une étude publiée dans un journal médical avec comité de
lecture, quel que soit le pays ou la période de temps, démontrant que l'accouchement à l'hôpital est plus sécuritaire dans toutes les catégories pour la plupart des femmes et des bébés, que
l'accouchement à domicile avec une sage-femme qualifiée. Cette offre n'a aucune date d'expiration et annule toutes les offres préalables de même nature.

Contacter: Jockdoubleday@aol.com
[NDLT: le 2 juillet 2000, l'offre est maintenant passée à 35 000 $ US]
(Pour répondre aux cyniques: bien que je soit président d'un organisme sans but lucratif faisant la promotion de l'accouchement naturel, l'argent que je mets en jeu
n'est pas celui de l'organisme, mais bel et bien le mien.)

Un étrange Nouveau-Monde

Il n'est pas facile de tuer un mythe. Vous avez besoin de l'aide d'un professionnel. Mais dès que vous en tuez un, il devient plus facile de tuer les autres.
Vaclav Havel, président de la république tchèque, a écrit qu'une fois qu'on sort d'un mythe, "le monde prend un étrange nouvel aspect".
Dans cet étrange Nouveau-Monde, les bulles mythologiques flottent sereinement. Elles étaient invisibles pour vous, mais maintenant vous êtes invisibles pour elles.
Elles sont à votre merci, ainsi que vous avez été à la leur toute votre vie. Une très large bulle flotte vers vous. Autour d'elle, ces mots: "Nous n'avons pas découvert de traitement contre le
cancer." Vous faites une tentative pour la toucher: POP! Une autre bulle se déplace dans votre champ de vision: "La cause du cancer est la nature, pas la culture. " Vous l'atteignez et la
touchez: POP! "Les soins de santé se trouvent dans les flacons de médicaments, les bureaux des médecins et les hôpitaux ." POP! "Les outils peuvent améliorer la nature." POP! "La technologie est
notre salvatrice." POP!

Soudainement, vous réalisez que vous n'êtes plus un sujet de l'Amérique commerciale -- celle dont les publicités ont tissé la fibre mythologique qui nous contrôle
-- mais vous devenez un individu avec une liberté de sentiment, de pensée et d'action, avec un potentiel aux possibilités infinies.

Shapiro conclut son article par une révérence à la raison: "Si j'entends un discours sans équivoque contre l'utilisation des médicaments, comme quoi ils constituent
un danger pour moi ou mon bébé, je ferai face à ma peur d'accoucher et me préparerai à le faire sans médicaments."

Je crois que cet article représente un discours sans équivoque. Je crois que Shapiro doit affronter sa peur. Je crois qu'elle le doit à son enfant à naître et à
elle-même pour sortir de la bulle mythologique dans laquelle elle vit depuis si longtemps.

Je crois qu'il est temps qu'elle naisse elle-même.


Jock Doubleday est le président-fondateur de
"Natural Woman, Natural Man inc.", un organisme sans but lucratif de la Californie, <http://www.gentlebirth.org/nwnm.org>.
Il peut être contacté à <Jockdoubleday@aol.com>.


Bibliographie

Reclaiming Our Health: Exploding the Medical Myth and Embracing the Source of True Healing, John Robbins, HJ Kramer, Tiburon, California,
1996.

Magical Child, Joseph Chilton Pearce, Plume, 1977.
Obstetric Myths vs. Research Realities: A Guide to the Medical Literature, Henci Goer, Bergin & Garvey, Westport, Connecticut, 1995.
Immaculate Deception II: Myth, Magic & Birth, Suzanne Arms, Celestial Arts, Berkeley, California, 1994.
The Epidural Express: Real Reasons Not to Jump on Board, Nancy Griffin, in Mothering, Spring 1997.


(1) "Out of the womb into the fire" est un jeu de mots basé sur l'expression "Out of the frying pan into the fire", qui veut dire "De
Charybde en Scylla". [NDLT]


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lundi 5 juillet 2010

Avant, Pendant, Après (Charles Aznavour)

Dans le cadre de ma formation doula, j'ai été amenée à lire plusieurs (dizaines) de références bibliographiques sur la maternité, la grossesse et la naissance en général. Parmi ces lectures, il y a un livre du Dr. Michel Odent (que je ne présente plus) qui m'a particulièrement marqué et j'aimerais vous en parler un peu plus dans ce post: Césariennes: Questions, Réponses, Enjeux paru aux éditions Le Souffle d'Or (qui est aussi mon partenaire, joli hasard). Dans mon cheminement vers le métier de doula j'en suis venue à m'intéresser aux histoires de maternité de mon entourage, notamment de ma mère. Pétronille, ma maman, a subi deux césariennes: une en urgence pour mon petit frère qui présentait une grave souffrance foetale suite à un décollement du placenta (là, y a pas photo, hein!), et une deuxième césarienne parce qu'elle avait un placenta praevia (ben là, voie sans issue basse, lol). Il m'était donc nécéssaire d'en savoir plus sur les césariennes pour la mémoire matriarcale, mais aussi pour les futures mamans que j'accompagnerais inch Allah qui seront dans ce cas.

Globalement il s'agit d'un ouvrage de vulgarisation médicale, mais qui décrit bien les gestes techniques en eux-mêmes, les origines et l'évolution de la césarienne et surtout, pourquoi cette acte chirurgical s'est autant répandu dans des situations qui ne sont même plus d'urgence, mais plutôt de l'ordre de la convenance médicale ou personnelle. Les termes médicaux sont précis, bien décrits et accessibles à tous, c'est pour ca que je le recommanderais aux mamans que j'accompagne, même si elles n'ont pas de césariennes, car l'aspect de la naissance physiologique y est aussi abordé de manière intéressante et instructive.

Voici la table des matières: - Une merveilleuse intervention de sauvetage
- La césarienne banalisée
- De plus en plus de sécurité
- Comment rompre un cercle vicieux
- Quand les rêves deviennent réalité
- Vers un développement sans limite du cerveau humain ?
- Des critères pour le XXIe siècle
- Penser à long terme
- Vers une diversité culturelle sans précédents
- L'entrée dans le monde des microbes
- L'entrée dans le monde des odeurs
- L'allaitement du bébé né par césarienne
- Mille et une raisons d'accoucher par césarienne
- L'accouchement après césarienne
- Si vous devez subir une césarienne
- Ce qu'en disent les mères
- La périnée : une préoccupation
- Ou bien, ou bien
- L'effet nocebo des consultations prénatales
- Idées reçues
- L'avenir des relations entre sages-femmes et médecins
- Trop rationnels pour survivre ?

Si je me souviens bien, il est recommandé de lire cet ouvrage avant de faire le stage de Paramanadoula à Londres avec Lilianna Lammers et Michel Odent. En tout les cas, je conseille de l'avoir dans sa bibliothèque perso si on s'intéresse tant soit peu à ce sujet tout comme d'autres références dont je vous parlerais plus tard inch Allah. Sinon, pour en savoir un peu plus sur les césariennes, je vous invite à consulter l'excellentissime site de l'association Césarine. C'est une mine de ressources et d'informations sur les césariennes.

samedi 3 juillet 2010

Il est libre Max (Hervé Christiani)

Bonjour, bonjour,
A l'heure où vous lirez ce message, je ne serait pas derrière mon ordinateur. Non, je serais à Châteauroux (magnifique métropole, où c'est simple: il n'y à RIEN à faire!) avec mon amie Maman Koala pour aller faire un stage d'haptonomie avec un grand Monsieur qui a beaucoup fait pour l'accouchement respectueux en France. On ne parle pas assez de lui, écrasé par la renommée de Michel Odent ou Frédéric Leboyer. J'avais envie de rendre hommage à mon ami, le Dr Max Ploquin en vous présentant un peu sa cause.

Le Dr Max Ploquin est Docteur en médecine, Gynécologue-accoucheur, Psychologue, formé en Haptonomie à Oms et en Analyse par Lacan. Il est fondateur de la Maternité Montaigne de Châteauroux où se pratiquaient l’accouchement sans douleur et l’haptonomie avec à l’esprit le label « Accouchez à Montaigne comme à la maison ». La
clinique Montaigne affichait moins de 3% de péridurales et de césariennes avec un des taux les plus bas d’Europe de mortalité et de morbidité néo-natale. Il est vice-président de la Société de Psychoprophylaxie obstétricale, président de l’Association Histoire & Avenir de la Naissance, président des Rencontres de la Naissance de Châteauroux. Il est l’auteur de nombreux films de naissance, dont certains sont actuellement projetés au Musée de l’Homme. Les films montrent des femmes qui accouchent détendues et souriantes et confirment donc l’intérêt et l’efficacité de cette préparation proposée par le Dr Max Ploquin. Il est également auteur du Dictionnaire de l'enfantement, du Dictionnaire de la Naissance de A à Z, et de La Clinique Sophistocos, une pièce de théâtre cinglante contre les abus de l'accouchement. Il se bat actuellement pour des naissances mieux respectées, pour lesquelles une bonne préparation des parents et du bébé sont nécessaires. Et propose à ce titre des stages de préparation à la naissance aussi bien pour les parents que pour les professionnels de la santé et de la naissance. (infos tirés de son site http://www.maxploquin.info/)

J'ai énormément de tendresse aussi pour ce drôle de bonhomme qui adore le chocolat et qui a le coeur sur la main. Une autre raison pour laquelle j'admire cet homme est qu'il soutient les doulas et se bat à nos côtés pour leur donner une place légitime dans le milieu hospitalier, même si nous ne sommes pas de formation médicale! Je vous cite ainsi sa prise de position du pourquoi de son soutien des doulas. Merci Max

Pourquoi j'accorde une réelle importance et une juste place aux doulas?

Parce que le climat actuel qui préside aux naissances dans les hôpitaux et cliniques n'est pas toujours très serein. Trop souvent, les cours de préparation à la naissance n'existent pas,
restent très légers, ou peu adaptés à ce qui attend les parturientes lors de leur accouchement.
Souvent les mamans se sentent « abandonnées » du fait que chaque sage-femme doit s'occuper d’un trop grand nombre de parturientes, donc n'ont pas le temps d'effectuer un bon accompagnement. Certaines sages-femmes ne semblent pas elles-mêmes formées à cet accueil et à la Préparation à la naissance…
Le père lui-même, même « bien préparé » pour la circonstance, n'est souvent pas en mesure de faire face tout seul aux différentes difficultés qui peuvent se présenter, ne serait-ce
qu'administratives…
La présence d'une doula peut nettement favoriser les choses, ne serait ce qu'en le déchargeant de certaines formalités et en aidant les parents à s'assumer pendant le travail de
l'accouchement… et c'est encore bien plus nécessaire quand le père ne peut participer à la naissance de son bébé.
Une doula, dans ce cas, ne remplace bien sûr pas la sage-femme – ce n'est pas la même fonction – mais elle peut énormément aider les parents et/ou la sage-femme à assurer un accompagnement
digne de ce nom. Et c'est encore plus vrai lorsque la naissance est décidée à la maison et que cette maman a de nombreux enfants ou n'a pas sa mère, sa belle mère ou même parfois pas son
compagnon près d’elle, même si c'est occasionnel.
J'ai vu de nombreuses doulas ou apprenties doulas dans nos « Rencontres de Châteauroux » et je peux garantir que l’aide que peuvent apporter ces personnes extrêmement dévouées et
désintéressées est extraordinaire.
Et je ne vois pas du tout en quoi cela pourrait gêner les sages-femmes. Bien au contraire cela ne peut que leur apporter une assistance précieuse auprès des mamans
et des papas ; c'est une autre fonction, une autre profession, qui n'a surtout rien de médical !

Dr. Max Ploquin

Rien que pour ca, je veux bien aller m'enterrer à Châteauroux pendant tout un week-end. Puis, il faut bien le dire, les habitants de cette belle petite ville sont tout à fait charmants et
accueillants. Bon week-end à toutes et à tous
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