vendredi 16 septembre 2011

À petit pas...

Voilà environ un mois et demi que je vole avec FlyLady et je viens faire un premier bilan.

Quand on lit le livre de Marla Cilley, Entretiens avec mon évier, il y a des idées qui peuvent sembler farfelues comme mettre des chaussures fermées tous les jours, aire briller son évier tout les soirs avant d'aller se coucher et éteindre des "débuts d'incendie" comme elle dit, ou faire un 27-choses-boogies! Ça y est, elle déraille direz vous... et j'en ai pensé de même pour l'auteur. Mais lasse de voir mon foyer en bordel permanent, je me suis dit: "Même si tu n'en penses pas moins, essaye pour voir, ca ne mange pas de pain!". Le but est d'en faire tout les jours un petit peu et d'avancer à petit pas.



J'ai donc commencé par récurer mon évier de fond en comble et j'essaye de le maintenir propre chaque jour. Ben, faut reconnaître que ma cuisine n'a plus du tout la même allure. Du coup, pour ne pas encombrer mon évier, je met de suite toute la vaisselle sale dans le lave-vaisselle et le vide aussitôt qu'il ait tourné (ca fait partie de mes routines du matin, mais j'y reviendrais ^^). 

J'ai aussi adopté les chaussures en permanence et effectivement, je suis beaucoup plus réactive et opérationnelle. Ça sonne à la porte, hop, même pas honte d'ouvrir en pyjama: je suis habillée (yeah, yeah, yeah!). Et tout les soirs, je fais le même petit tour: je débarrasse ma table, donne un coup d'éponge, lance le lave-vaisselle et nourris les chats. Et toujours dans le même ordre afin que ca devienne une routine. 



Puis, pour ces débuts, tout les jours, je désencombre 15 minutes. C'est-à-dire? Tous les jours je m'attaque à un coin de ma maison, prends une caisse vide pour mettre les affaires qui doivent être rangées ailleurs, et un grand sac poubelle. Et pendant un quart d'heure je range, je range, je range. Et c'est fout ce qu'on peut désencombrer en si peu de temps!

Et last, but not least, je m'efforce d'appliquer chez moi désormais la technique du bac à glace. Kézako? Vous allez comprendre: quand vous achetez de la glace, comme par exemple l'excellent sorbet à la poire de chez Monsieur P. sans gluten et sans lactose, quelle est la première chose que vous faite en rentrant des courses? Vous avez deviné? Ben oui, vous le mettez directement au congélateur. Eh ben moi je m'efforce maintenant à ranger tout de suite ce que j'ai utilisé ou en main pour ne pas me laisser envahir par le chaos

Pour m'épauler un peu plus, je me suis également inscrites aux deux listes yahoo FlyLady - Nouveau Départ et MiniFée Volante. Et tous mes jours je reçois des conseils précieux pour m'aider à prendre mon envol! Puis, faut dire que le Forum Francophone des Flyladies m'aide beaucoup car on se coache en groupe pour ne pas lâcher la motivation. Et petit pas par petit pas, mon foyer change d'allure et mes proches commencent à s'en rendre compte: il y a un truc qui a changé! Et c'était le but non?

Autre atout incontestable: appliquer ces pas de bébés me permet de ne pas me noyer sous le chaos et le ménage, malgré deux petits gars malades, pignoux et fiévreux. Je garde un rythme malgré la présence des gnomes @ home et loue Sainte Écharpe de Portage pour ses bons et loyaux services qui me permet d'allier routines du jour et bébé pas en forme du tout., ais c'est une autre histoire...

Bon, la prochaine fois, je vous parle de mes routines hebdomadaires avec en bonus un exemple clé en main!

Pour fêter ça, un petit coup de Chaka Khan à fond dans les oreilles!



mercredi 14 septembre 2011

Kheops ∈ à l'horizon

Chez Mama Lala, les Siamois sont rois, pour sûr... Quand Maminou vient en visite sur les toits, elle ne peut s'empêcher de repéter que'elle a l'impression de voir les Siamois de "La Belle et le Clochard" en voyant Madame O. et Mademoiselle I. Pourtant les félines sur les toits n'ont rien en commun avec ces félins vicieux si ce n'est la race. Mais ce fut un long chemin pour que sur les toits on devienne une maison à chat!


Les Siamois sont arrivés par hasard sur les toits. A la base Mama Lala est plus une femme qui a du chien. Du moins le pensait-elle. Car les chats n'était pas intéressant à ses yeux, trop indépendants, pas assez affectueux. Alors il y a eu la grosse P. et le petit T. Puis un jour une copine d'une copine nous apporte dans la coloc' de l'époque un chat siamois le temps qu'elle finisse de couver le petit qu'elle portait. La soit-disant chatte s'avérait être un chat, et deuxièmement un chat si peureux qu'il passait son temps dans mon armoire. D'attraction il est passé à boulet et quand il a fallu déménager et quitter la coloc', Mama Lala a récupéré le beau Kao K'o Kung (rebaptisé en hommage à lui). A l'époque Mama Lala vivait encore avec le papa de Grand Garçon. Tous deux avaient réussi à apprivoiser et à s'attacher à ce drôle de chat et se préparaient à se séparer un jour de lui quand sa propriétaire souhaitait le récupérer. Pour faciliter le passage, et comme le hasard fait bien les choses, une petite boule de poil s'est invité dans leur vie. L'air de rien, blanche, chétive... qui l'eut cru que dans cette petite pelotte se cachait une superbe siamoise au caractère bien trempé. Madame O. ou ausi surnommée la Pompadour nous a rejoint il y a 4 ans et démi et semble vérifier tous les adages liés aux chats et aux Siamois en particulier: un caractère bien trempé, câline, fidèle à son maître qu'elle a délibérement choisi (au début, croyez-moi, c'était pas moi), une patience d'ange avec les enfants et un flair qui lui a permis après trois disparitions qu'on pensait définitives, de revenir.



Kao K'o Kung est parti avant la naissance de Grand Garçon...

Madame O. a donc longtemps été le seul félin à 4 pattes sur les toits. Mais un jour une annonce postée par amie nous interpelle: "Donne chatons siamois dans deux mois". Sur un coup de tête, Mama Lala dit qu'elle en réserve un. Surtout que les chatons sont nés le même jour que la soeur de Mama Lala. Il a donc une place ici. Les semaines passent et l'amie en question demande si l'adoption était sérieuse et si la demoiselle pouvait rejoindre sous peu son nouveau chez elle. Et c'est ainsi qu'est arrivée Mademoiselle I. Au caractère au combien différent de Madame O., se prenant pour une tigresse féroce du haut de son poids plume.  En plus, grande joie pour petit chat, Mademoiselle I. se passionne pour les petites voitures et le train en bois et les deux passent des heures à jouer ensemble sous le regard blasé de Madame O.. Adoptée, elle a rapidement pris ces marques et sa venue a précédé comme pour Madame O. de deux mois l'annonce d'une nouvelle grossesse, ce qui fait de Mademoiselle I. la chatte de petit loup et de Madame O. la chatte de petit chat. Autre coincidence: Madame O et Grand Garçon sont tous les deux nés en juillet. Mademoiselle I. et Bébé Tortue en avril inch Allah!



Alors pourquoi je vous raconte tout ca?

Parce que Mama Lala a réalisé son rêve et s'est offert THE mâle Siamois dont elle rêvait depuis longtemps. Paru sur une petite annonce par des propriétaires peu scrupuleux qui ont préféré partir en vacances et donc donner le chat au lieu de le confier à quelqu'un, Mama Lala a tout de suite craqué. Une histoire similaire à celle de Kao K'o Kung, car quand elle l'a récupéré, les anciens maîtres lui ont dit que ce beau mâle s'appellait Minette. Gnarf!
Inondés par articles et documentaires sur l'Egypte, mais surtout un album de IAM écouté en boucle dans la voiture ont décidé de son nom et lui ont rendu sa virilité. Minette est devenu Khéops, le chat de Mama Lala. Un magnifique  Siam Blue Tabby de 14 mois environ aux allures de pharaon. Son chat qui la suit partout, de la cuisine aux toilettes en passant par la case rebord de baignoire pendant qu'elle prend sa douche. Et voilà comment nous sommes heureux avec nos 3 Siam's à la maison.

Pour les plus ignares, je parle bien évidemment de cette chanson de IAM ;)
 


lundi 12 septembre 2011

De la peau si douce...

Après le billet un peu plus sérieux d'hier, je voulais vous parler de mon côté un peu plus futile de princesse au foyer qui prend soin de son corps... au naturel bitte schön. J'avais donc envie d'inaugurer une nouvelle rubrique "Crash Tests" ou je vous fait part de mes différentes expériences avec des produits testés (et ce à ma propre initiative, sans sponsoring ou quoi que ce soit, hein!).

En cette belle journée pluvieuse et à l'heure des petits malades, j'ai eu envie de me chouchouter et me faire du bien. Donc enfin l'occasion de tester mon nouveau gommage Scrub aux éclats de riz de chez Alter Eco. Le résultat de ce test, le voilà:



Un packaging super sympa aux couleurs "éthnos" violet et des touches de jaune. Une pâte à gommer assez brune et épaisse aux premiers abords, mais qui sent délicatement bon. Une texture assez râpeuse, mais c'est le but d'un exfoliant, non? On reconnait bien les "éclats" de bout de riz. Mais dès l'utilisation, on sent déjà que la peau devient toute douce sous les doigts. Les composants principaux n'ont rien de sorcier: de l'huile d'olive, du sucre roux, du miel et des éclats de riz (ah ces fameux éclats de riz, dis donc...), gommage que j'aurais pu me fabriquer moi-même avec les recettes de mon ex-belle-maman, mais flemmardise quand tu nous tiens... D'utilisation super simple, il est en plus il est (Maître Yoda, sort de ce corps exfolié!): il suffit de prendre une grosse noisette de produit et de se masser avec sur une peau humide.. Enfin accroches-toi un peu Simone, car ce produit n'est pas très doux à utiliser , il a même une texture papier à grain à laquelle faut s'habituer. Puis ne pas prendre trop de gommage d'un coup, car la texture n'est vraiment pas pratique à prendre entre les doigts, difficile à étaler sur la peau, ça se détache et on perd pas mal de produit, donc mon conseil: en prendre plutôt plusieurs petites fois pour ne pas voir le produit disparaitre dans le siphon au lieu de finir sur votre peau de princesse.  Il se laisse facilement rincer et laisse un voile un peu huileux, peau de bébé gourmand sur la peau. Un délice. Puis éthiquement, ce produit s'inscrit dans une démarche éco-responsable vis à vis des producteurs des ingrédients. Autre point fort, on peut trouver ce produit en grande surface. Ça tombe bien pour moi qui déteste aller en parfumerie!

Par contre il y a deux petites choses qui m'ont déplu; Primo, la présence de propylparabène ou E216 dans la composition du produit. Même si ce parabène fait partie des parabènes  conservateurs (anti-microbiens) admis dans l'alimentation, je ne suis jamais à l'aise avec les produits en contenant. Et pour une marque qui veut utiliser majoritairement des produits d'origine naturelle, ca m'embête un peu. Puis le prix est un peu élevé pour la quantité de produit, soit autour de 8 € et des poussières pour un pot de 200 ml. Mais je devrais revoir mon jugement à la baisse car ce produit s'inscrit dans le commerce équitable et que le prix de commercialisation des produits est le seul moyen de rémunérer à leur juste valeur les producteurs-cultivateurs.

En tout cas ce produit est adopté dans ma salle de bain et je compte le réutiliser aussi souvent que nécessaire, hihi!

Composition: Olea europaea (olive) fruit oil, saccharum officinarum (sugar cane) extract* . oryza sativa (rice) bran* , mel (honey)* , polysorbate 20 , silica . parfum (fragrance), propylparaben , tocopherol , benzyl benzoate.
Sans parfum de synthèse
Testé sous contrôle dermatologique
pH neutre pour le peau
A base de 95% d'ingrédients d'origine naturelle

Ma note finale: 8/10

dimanche 11 septembre 2011

:: Il y a dix ans ::

Il y a 10 ans je travaillais comme stagiaire au sein d'une grosse boîte de transport publics en Allemagne. La journée avait commencé comme d'habitude: 1 heure de transports en train puis RER, en passant par la grande gare de de Francfort, au pied de la skyscrapper line, le quartier des affaires et de la bourse par excellence en Allemagne. Affectée au service des relations publiques et de la presse, je suis connectée en permanence aux services internet de l'AFP et de la DPA. Nouvelles qui tombent toutes les 15 minutes aussi diverses que banales, quand tout d'un coup, vers 15 heures, une dépêche tombe: un accident s'est produit à New York, un avion s'est encastré dans une des deux tours du World Trade Center. Je n'y prête au début guère attention, pensant à un canular ou un hoax. Mais rapidement ma boîte mail s'énerve de plus en plus et je reçois des messages toutes les 10 secondes. Une des deux tours est sévèrement touché, elle est en feu et il y a des explosions et de nombreux morts. Je commence à lire les infos de plus près quand un collègue arrive en panique dans le bureau pour nous emprunter la télé de notre service, la seule de la boîte, pour l'installer dans la salle de réunion pour suivre les infos en direct. Apparemment il se passe quelque chose de grave. Je le suis, imité par de nombreux collègues qui abandonnent postes de travail pour se joindre à nous. L'incrédulité et l'incompréhension se lit sur leurs visage, tout comme elles doivent se lire sur le mien. "Mais nom de Dieu, que se passe-t-il?"



Au moment de brancher la télé, nous assistons en direct avec des milliers d'autres téléspectateurs au deuxième impact dans la deuxième tour. Il n'y a plus de doute possible, les États-Unis sont attaqués. Les dépêches se succèdent à l'écran. Sous le choc nous voyons des personnes se jeter par les fenêtres des deux buildings en feu pour sauver leurs vies, ... en vain! À la télé comme dans la salle de réunion, les hypothèses fusent, quand on apprend que le Pentagone est attaqué aussi. "Mais nom de Dieu, que se passe-t-il?" La panique commence à nous envahir aussi, nous sommes là, impuissant, ne sachant pas réellement ce qu'il en est quand l'annonce tombe: les États-Unis viennent de subir une attaque terroriste de la part d'Al-Qaida. Dans ma tête, tout va très, très vite: c'est la 3ème guerre mondiale qui vient d'éclater. Quelle est la prochaine étape de ces terroristes? Toutes les grandes capitales ou centre financier du monde? Francfort en est un! Et ma boîte se situe à quelques pas du consulat américain... 
Des collègues pleurent, d'autres prient, j'entends pour la première et dernière fois mon patron, un homme très classe, jurer. La première tour s'effondre, suivi quelque temps après par la seconde. Un silence de mort envahit la salle. Un monde s'écroule de l'autre côté de l'Atlantique et nous sommes là, à attendre, sans pouvoir faire grand chose. Notre big boss nous ordonne soit de rentrer, soit de bosser efficacement. Je décide de rester pour aider à traiter les infos au département presse. Mais le cœur n'y est pas... Je décide de rentrer sous le choc. La rue est empli de soldats américains pour assurer le périmètre de sécurité du consulat. De même pour la gare ou se mêlent soldats allemands, américains et la police. Le grand écran de la gare centrale diffuse les infos en continu, les gens sont hagards, choqués, silencieux...  D'autres se réjouissent que la suprématie des États-Unis est enfin renversé et font des commentaires désobligeant en rigolant. Je veux rentrer chez moi, vite! Le trajet me parait interminable. Je me souviens ce soir là en avoir parlé avec mes parents et mes frères, leur expliquer l'inexplicable, émettre des hypothèses quand au futur du monde, j'avoue, j'ai peur et en même temps, j'arrive pas à y croire, tellement ce scénario catastrophe semble irréalisable, sur-dimensionné! La télé annonce un bilan de 2000 morts environ et une ville noyée dans la poussière. Et pour la première fois de la journée, mes larmes ont coulé.



Je passerai les jours qui suivent avec les contrôle d'identités réguliers dans le périmètre de sécurité du consulat, les hommes armés à tout les coins de rues,  les dépêches de presse qui tombent pour alourdir le bilan, et à côté de ça, ma petite ville où j'habite tranquille que le monde extérieur ne semble pas affecter.
Je passerai aussi mon retour en France quelques semaines plus tard, arriver à Montparnasse, passer à côté de la tour tout en guettant le ciel. Faire de même avec la tour de Bretagne à Nantes, où je vais ensuite, d'autant plus qu'à Nantes les avions survolent la ville assez bas, l'aéroport étant vraiment à proximité. Oui, j'aurai du mal à oublier le jour du 11 septembre 2001, tout comme des milliers de gens. J'y repense de temps en temps. Je suis également consciente qu'il y a eu un monde avant et un monde après le 11 septembre 2001 et que c'est précisément dans ce monde là que sont nés mes deux fils. Et ce n'est pas fini...


Aujourd'hui il y a eu en 10 ans beaucoup plus de morts lors de catastrophes naturelles ou guerre dans des coins du monde qui nous paraissent trop loin pour en être émotionnellement proche que le 11 septembre, j'en suis bien consciente. Il me suffit de penser de penser aux soldats tombés en Irak ou en Afghanistan, le génocide au Darfour, ou les différents tsunamis en Asie. Néanmoins, par la médiatisation de l'évènement, il reste gravé dans ma mémoire et aujourd'hui, oui, je pense aux soldats du feu qui se sont battus pour sauver ce qu'il y avait à sauver ce jour là et les jours à suivre, mais aussi aux familles qui ont perdus des proches ce jour là, je pense aussi au 3000 orphelins qui ont perdu l'un voir leur deux parents ce jour là, et je suis triste de voir que l'homme est vraiment capable du pire pour des questions de pouvoir et territoire, que ce soit balancer deux avions dans des buildings américain ou larguer des bombes atomiques sur deux villes japonaises...

Et vous, qu'avez vous fait ce jour là?


Il y a 10 ans...

Il y a 10 ans je travaillais comme stagiaire au sein d'une grosse boîte de transport publics en Allemagne. La journée avait commencé comme d'habitude: 1 heure de transports en train puis RER, en passant par la grande gare de de Francfort, au pied de la skyscrapper line, le quartier des affaires et de la bourse par excellence en Allemagne. Affectée au service des relations publiques et de la presse, je suis connectée en permanence aux services internet de l'AFP et de la DPA. Nouvelles qui tombent toutes les 15 minutes aussi diverses que banales, quand tout d'un coup, vers 15 heures, une dépêche tombe: un accident s'est produit à New York, un avion s'est encastré dans une des deux tours du World Trade Center. Je n'y prête au début guère attention, pensant à un canular ou un hoax. Mais rapidement ma boîte mail s'énerve de plus en plus et je reçois des messages toutes les 10 secondes. Une des deux tours est sévèrement touché, elle est en feu et il y a des explosions et de nombreux morts. Je commence à lire les infos de plus près quand un collègue arrive en panique dans le bureau pour nous emprunter la télé de notre service, la seule de la boîte, pour l'installer dans la salle de réunion pour suivre les infos en direct. Apparemment il se passe quelque chose de grave. Je le suis, imité par de nombreux collègues qui abandonnent postes de travail pour se joindre à nous. L'incrédulité et l'incompréhension se lit sur leurs visage, tout comme elles doivent se lire sur le mien. "Mais nom de Dieu, que se passe-t-il?"



Au moment de brancher la télé, nous assistons en direct avec des milliers d'autres téléspectateurs au deuxième impact dans la deuxième tour. Il n'y a plus de doute possible, les États-Unis sont attaqués. Les dépêches se succèdent à l'écran. Sous le choc nous voyons des personnes se jeter par les fenêtres des deux buildings en feu pour sauver leurs vies, ... en vain! À la télé comme dans la salle de réunion, les hypothèses fusent, quand on apprend que le Pentagone est attaqué aussi. "Mais nom de Dieu, que se passe-t-il?" La panique commence à nous envahir aussi, nous sommes là, impuissant, ne sachant pas réellement ce qu'il en est quand l'annonce tombe: les États-Unis viennent de subir une attaque terroriste de la part d'Al-Qaida. Dans ma tête, tout va très, très vite: c'est la 3ème guerre mondiale qui vient d'éclater. Quelle est la prochaine étape de ces terroristes? Toutes les grandes capitales ou centre financier du monde? Francfort en est un! Et ma boîte se situe à quelques pas du consulat américain... 
Des collègues pleurent, d'autres prient, j'entends pour la première et dernière fois mon patron, un homme très classe, jurer. La première tour s'effondre, suivi quelque temps après par la seconde. Un silence de mort envahit la salle. Un monde s'écroule de l'autre côté de l'Atlantique et nous sommes là, à attendre, sans pouvoir faire grand chose. Notre big boss nous ordonne soit de rentrer, soit de bosser efficacement. Je décide de rester pour aider à traiter les infos au département presse. Mais le cœur n'y est pas... Je décide de rentrer sous le choc. La rue est empli de soldats américains pour assurer le périmètre de sécurité du consulat. De même pour la gare ou se mêlent soldats allemands, américains et la police. Le grand écran de la gare centrale diffuse les infos en continu, les gens sont hagards, choqués, silencieux...  D'autres se réjouissent que la suprématie des États-Unis est enfin renversé et font des commentaires désobligeant en rigolant. Je veux rentrer chez moi, vite! Le trajet me parait interminable. Je me souviens ce soir là en avoir parlé avec mes parents et mes frères, leur expliquer l'inexplicable, émettre des hypothèses quand au futur du monde, j'avoue, j'ai peur et en même temps, j'arrive pas à y croire, tellement ce scénario catastrophe semble irréalisable, sur-dimensionné! La télé annonce un bilan de 2000 morts environ et une ville noyée dans la poussière. Et pour la première fois de la journée, mes larmes ont coulé.



Je passerai les jours qui suivent avec les contrôle d'identités réguliers dans le périmètre de sécurité du consulat, les hommes armés à tout les coins de rues,  les dépêches de presse qui tombent pour alourdir le bilan, et à côté de ça, ma petite ville où j'habite tranquille que le monde extérieur ne semble pas affecter.
Je passerai aussi mon retour en France quelques semaines plus tard, arriver à Montparnasse, passer à côté de la tour tout en guettant le ciel. Faire de même avec la tour de Bretagne à Nantes, où je vais ensuite, d'autant plus qu'à Nantes les avions survolent la ville assez bas, l'aéroport étant vraiment à proximité. Oui, j'aurai du mal à oublier le jour du 11 septembre 2001, tout comme des milliers de gens. J'y repense de temps en temps. Je suis également consciente qu'il y a eu un monde avant et un monde après le 11 septembre 2001 et que c'est précisément dans ce monde là que sont nés mes deux fils. Et ce n'est pas fini...


Aujourd'hui il y a eu en 10 ans beaucoup plus de morts lors de catastrophes naturelles ou guerre dans des coins du monde qui nous paraissent trop loin pour en être émotionnellement proche que le 11 septembre, j'en suis bien consciente. Il me suffit de penser de penser aux soldats tombés en Irak ou en Afghanistan, le génocide au Darfour, ou les différents tsunamis en Asie. Néanmoins, par la médiatisation de l'évènement, il reste gravé dans ma mémoire et aujourd'hui, oui, je pense aux soldats du feu qui se sont battus pour sauver ce qu'il y avait à sauver ce jour là et les jours à suivre, mais aussi aux familles qui ont perdus des proches ce jour là, je pense aussi au 3000 orphelins qui ont perdu l'un voir leur deux parents ce jour là, et je suis triste de voir que l'homme est vraiment capable du pire pour des questions de pouvoir et territoire, que ce soit balancer deux avions dans des buildings américain ou larguer des bombes atomiques sur deux villes japonaises...

Et vous, qu'avez vous fait ce jour là?


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